Culture

Zineb Sedira fait son show en solo

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
«Line of flight» est sa première exposition individuelle au Maroc
Un travail qui s’intéresse au lâcher des pigeons voyageurs
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Toutes les œuvres présentées à Kulte Gallery s’articulent autour d’une vidéo, intitulée Dis/Location, laquelle capture l’envol des pigeons. Ici la série photographique «A bird’s eye view», ainsi qu’une partie de l’installation «Suspended territories» (Ph. Kulte)

L’artiste britannique d’origine algérienne et française, Zineb Sedira, est de retour au Maroc pour une exposition, et cette fois-ci ce sera pour son premier solo show. Après avoir participé à Casablanca et Marrakech à des expositions collectives, c’est à Kulte Gallery à Rabat qu’elle expose «Line of flight» (une ligne de fuite est une figure en devenir qui fait référence à un concept philosophique développé par Gilles Deleuze et Félix Guattari), et ce jusqu’au 18 novembre. Ce dernier travail qui s’est tenu sur une durée de deux ans au Maroc, est le fruit d’une résidence de recherche dirigée par Yasmina Naji, directrice de Kulte Gallery.

C’est en véritable ornithologue et ethnologue que Zineb Sedira s’est intéressée au lâcher de pigeons voyageurs. «J’ai pensé au pigeon voyageur car le plus grand pigeonnier français durant la 2e guerre mondiale était en Algérie mais aussi car cette espèce est très prisée en temps de guerre pour acheminer des messages», explique l’artiste.

En menant ses recherches, elle découvre également que le Maroc compte plusieurs associations qui pratiquent la course de pigeons voyageurs. Cette race particulière, véritable «boussole stellaire», a été filmée et photographiée par Zineb Sedira à El Jadida et Safi. Toutes les œuvres s’articulent autour d’une vidéo intitulée «Dis/location» capturant l’envol des pigeons.

A travers ce dernier travail, l’artiste internationale reste fidèle à ses thèmes de prédilection qui sont le «chez-soi», le déplacement, les migrations, la mobilité d’un lieu à l’autre…  «Ce qui m’intéresse c’est l’idée du voyage. Le pigeon est une belle métaphore pour parler de la notion de retour et aussi de l’orientation et de la navigation», précise-t-elle.

D’ailleurs, Zineb Sedira qui voyage beaucoup a retracé une mappemonde avec les 47 pays où elle a exposé. Tissée de fil rouge et partant d’un centre représentant Londres, la ville où elle vit, cette œuvre s’invite sur un mur blanc de la galerie. Cette exposition présente aussi une série de photographies argentiques quasi abstraites faisant l’éloge de la peinture.

Quand une autre série intitulée «A Bird’s eye view», représentant l’envol, est installée sur une photographie murale visuellement et conceptuellement très poétique. Une autre installation avec des bagues de pigeons voyageurs agrandies sur lesquelles sont gravées les latitudes et longitudes de Paris, Londres et Alger vient compléter «Line of flight».

 

 

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