Culture

Quand Lakhmari fait son «BurnOut»

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5115 Le 28/09/2017 | Partager
Le dernier opus de sa trilogie sur Casablanca en salle le 11 octobre
Avec Anas El Baz, Ilyass El Jihani, Morjana Alaoui, Sarah Perles, Faty El Jaouhari…
burn_out_film_015.jpg

Dans son dernier long-métrage «BurnOut»,  Nour-Eddine Lakhmari braque les projecteurs sur plusieurs maux de la société, notamment la prostitution, la pédophilie, l’avortement…

Plus qu’une dizaine de jours pour que le public puisse enfin découvrir le tant attendu «BurnOut», dernier opus de la trilogie de Nour-Eddine Lakhmari située à Casablanca. Après «CasaNegra» et «Zéro», le réalisateur marocain, qui chérit tout particulièrement la ville blanche, plonge cette fois-ci le spectateur dans la vie de Ayoub, autour de laquelle s’entremêlent et s’entrechoquent les destins d’autres protagonistes.

L’histoire de ce fils, qui se bat pour payer une prothèse à sa mère unijambiste, captive dès les premiers instants le spectateur. Ayoub, interprété par Ilyass El Jihani, une graine d’acteur à suivre, est un jeune garçon de 13 ans, cireur sur «l’avenue la plus rentable de Casa», selon Ronda, son employeur, interprété par Mohamed Khiari. De son côté, Jad (Anas El Baz), aurait tout pour être heureux. Il est jeune et riche mais malheureux dans son couple qu’il forme avec Inès (Morjana Alaoui), qui vit de son côté ses propres combats.

Pour sa part, la jeune étudiante en médecine Aida, incarnée avec brio par un nouveau visage, Sarah Perles, mène une double vie… Au fil de rencontres atypiques, Ayoub fait la connaissance de Jad et croise de manière fortuite le chemin de Aida. Un florilège d’acteurs de grands talents vient compléter le casting.

A l’instar de Faty El Jaouhari, plus vrai que nature dans son rôle de maquerelle à la fois dure et tendre, Driss Roukhe dans le rôle d’un politicien conservateur, ou encore Karim Saidi, collectionneur d’art affaibli et nerveux qui transcende l’écran… Des personnages dont les destins ont été brodés autour de la vie du petit Ayoub. «Ce film parle d’une chose fondamentale: la rédemption. Chaque personnage la cherche, qu’il s’agisse de Jad, Aida ou Inès», explique le réalisateur.

Dans une ville blanche sublimée à l’écran par Lakhmari, le réalisateur offre une balade dans les beaux quartiers comme dans les bidonvilles (à l’image aseptisée). Et ce, au gré de belles images mais aussi de scènes pouvant être jugées choquantes par certains. «Nour-Eddine a toujours été sincère, avec ses comédiens, avec ses sujets ou son public. Toutes les scènes que nous avons jouées ont été assumées. Je pense que cette sincérité touchera aussi le public apte à regarder ces réalités», précise Faty El Jaouhari. 

Mais lors de cette virée émotionnelle dont personne ne sort indemne, ce passionné de film noir laisse passer une lueur, celle de l’humanité et de l’espoir. Car, en effet, chacun a ses démons, chacun a ses combats et chacun a son «BurnOut». «Chaque film qui crée un débat est un plus pour le Maroc. Cette société a besoin d’être réveillée. Nous gagnons à chaque sortie de film qui suscite des réactions», note Lakhmari.

Pour lui, «le cinéaste est aujourd’hui l’artiste le plus intéressant au Maroc car les gens ne lisent malheureusement pas mais regardent des images. Nous avons de grands talents chez les écrivains, les peintres… mais les seuls qui font beaucoup de bruit sont les cinéastes avec leurs films!»
Pour savoir si le réalisateur a opté pour un happy ending… ou pas, rendez-vous à partir du 11 octobre dans les salles. Une diffusion est également prévue en Scandinavie et en Asie du Sud.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc