L'Edito

Logique

Par | Edition N°:874 Le 16/10/2000 | Partager

La construction de la démocratie est un processus long et difficile. Les transformations ne concernent pas seulement les institutions. Elles impliquent également les comportements et attitudes de tous les acteurs. Il n’est pas évident de passer d’un mode de comportement à un autre, même si l’on admet que le mode ante était négatif, même si l’on est convaincu, au niveau du principe, de la nécessité et du caractère bénéfique de la mutation.Le problème qui finit par se poser et bloquer les mutations profondes des sociétés, est qu’il arrive le moment où la mutation souhaitée dépasse ses propres acteurs. Elle génère sa propre logique, allant au-delà de ce qu’ils imaginaient. Elle suscite alors l’appel à d’autres acteurs qui sont le produit de la nouvelle situation.Lorsque ce moment arrive, et il est inexorable, le conflit n’est pas loin. Les éléments de progrès d’avant deviennent des facteurs de blocage.Les acteurs politiques vont rapidement se trouver dépassés. Ils ont des réflexes d’un autre temps, non adaptés à la nouvelle situation qu’ils ont contribué à créer. Ce n’est pas là un échec, c’est la preuve du succès et de la réussite, de la transformation. Ce bouillonnement, nous le vivons maintenant. Il n’est pas assez vif pour les uns. Il est inquiétant pour les autres.SM le Roi Mohammed VI a clairement réaffirmé son intention d’initier et conduire la mutation lors du discours de l’ouverture du Parlement. En fait, le Trône, grâce au rôle fédérateur qui est le sien et parce qu’il est au-dessus de la mêlée, est le seul à être réellement animé de la perspective historique pour soutenir le processus de changement démocratique et éviter les heurts que la mutation générerait sans cela.Abdelmounaïm DILAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc