
LE gouvernement de Benkirane, à peine installé, est directement confronté à la réalité de l’exercice du pouvoir. A Marrakech, les zones ne payent plus ni l’eau, ni l’électricité : les consommateurs qui veulent payer ne le peuvent pas car des piquets de grèves les en dissuadent.
A Taza, des revendications économico-sociales, encadrées par des agitateurs, ont tourné à l’émeute. Le PJD se trouve donc obligé de trouver des solutions à des problèmes dont il se servait quand il était dans l’opposition.
Ce n’est pas une situation inédite dans l’histoire politique du Maroc. Cette situation rappelle celle du premier gouvernement d’alternance : l’USFP, parti d’opposition, critique des gouvernements durant des décennies, s’est transformé en défenseur des équilibres fondamentaux.
Le PJD se trouve aujourd’hui tenu de choisir : soit continuer son discours d’avant et il condamne alors son propre gouvernement à l’échec ; soit développer un nouveau discours, qui ne renie pas nécessairement ses objectifs, mais plus adapté à la réalité économique et sociale du pays.
Il existe une différence fondamentale entre un parti d’opposition et un parti de pouvoir. Le premier raisonne en termes de tactique.
Le parti de pouvoir, lui raisonne en termes de stratégie. Tout n’est pas possible aujourd’hui, mais les transformations aidant, peu à peu, bien des objectifs peuvent être atteints.