L'Edito

L'éditorial

Par | Edition N°:430 Le 27/01/1999 | Partager

Pour désarmer la compensation, le gouvernement a décidé de commencer par une branche où il est possible de développer un thème à haute teneur émotionnelle: pourquoi devrait-on continuer à subventionner les bonbons, chocolats et autres sodas à travers le sucre qui se trouve dedans? La réaction ne fait évidemment pas l'ombre d'un doute: pas question de continuer!
Le profit est maigre, 200 millions de DH par an, moins d'un dixième de ce que coûte la compensation aux contribuables. Mais qu'à cela ne tienne, c'est le début du processus.
Le défaut de la cuirasse est ailleurs.
D'abord, il aurait été judicieux d'entretenir une meilleure concertation avec les industriels de manière à ce que la mesure ne présente pas des biais trop profonds, risquant de faire des dégâts plus graves que le gain espéré. Même si nul ne veut plus payer pour subventionner des bonbons, le risque n'est pas nul.

Ensuite, la compensation est un vaste système qui a longuement façonné le tissu productif marocain, venant elle-même en appui à un système beaucoup plus ancien, datant d'avant l'Indépendance. Ce dernier voulait fermer les productions agricoles à toutes influences autres que celles de la métropole. Le résultat est que les Marocains se retrouvent en train de payer des impôts pour pouvoir abaisser le prix de productions agricoles, parce qu'elles sont plus chères que leurs concurrentes étrangères... Sans commentaires.

Nadia SALAH



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