L'Edito

L'éditorial

Par | Edition N°:429 Le 26/01/1999 | Partager

L'émigration clandestine prend une tournure qui devient de plus en plus inquiétante. Elle est inquiétante par le nombre de candidats à l'émigration. Elle est inquiétante par les risques extrêmes pris par les candidats. Enfin, elle est inquiétante par la signification qu'elle peut avoir sur les plans culturel et social. Certes, les conditions économiques expliquent pour une large part le mouvement, cependant s'arrêter là serait une erreur.
En effet, les candidats émigrants ne sont pas de simples travailleurs à la recherche d'un emploi. Socialement et culturellement parlant ils ont peu de points communs avec les travailleurs émigrés traditionnels. Souvent, ce sont de jeunes gens ayant fait des études et qui ne sont pas totalement démunis sur le plan économique. Ils sont à la recherche d'une vie meilleure et plus facile. En fait, ils sont victimes de l'environnement biaisé que nous vivons en cette fin de siècle. Le monde est, paraît-il, en train de devenir un village global. La circulation de biens et de marchandises est de plus en plus facilitée. La circulation des idées et de l'information ignore les frontières. Cependant, paradoxalement la circulation des hommes, qui devrait être un corollaire de tout cela, est de plus en plus réduite. Les frontières deviennent de plus en plus étanches quand il s'agit des hommes eux-mêmes.
Cette contradiction insupportable génère des réactions extrêmes. Le problème de l'émigration clandestine est certes un problème économique d'abord, mais il est aussi en grande partie un problème culturel.

Abdelmounaïm DILAMI

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