L'Edito

Justice

Par | Edition N°:3433 Le 28/12/2010 | Partager

Les grèves répétées des greffiers ont fini par paralyser les tribunaux. Le nombre de dossiers bloqués ne cesse d’augmenter et aux avocats de crier au scandale de voir leurs affaires complètement à l’arrêt. Mais curieusement, cette histoire de revendication du statut des greffiers, qui dure depuis au moins trois ans, semble prendre une autre tournure. Au lieu de se limiter aux tribunaux et au siège de la tutelle, les protestataires vont jusqu’à organiser des sit-in devant le ministère des Finances, accusé de bloquer leur dossier. Ce quiproquo est parti du Parlement où le ministère de la Justice a fait endosser la responsabilité à son homologue des Finances. Mauvaise cible, il fallait plutôt se tourner vers le Premier ministre pour un arbitrage.Si cette démarche a l’avantage de faire gagner du temps, elle a le défaut de rejeter la responsabilité sur autrui. Un sport national où les dirigeants marocains ont décroché des médailles d’or. Sauf que le risque est de les voir perdre sur plusieurs tableaux. D’abord, la crédibilité s’en trouve totalement écornée. Déjà que la justice n’a pas bonne presse. Ensuite, l’autorité de tutelle ne sera pas épargnée. Ce sont autant de valeurs qui sont essentielles si on veut vraiment conduire la réforme de la justice. Un chantier complexe, qui fera naître des résistances chez ceux dont les intérêts risquent d’être menacés. Alors, dans ce cas, comment faire si on n’arrive pas à régler le problème des greffiers? A qui faudra-t-il encore une fois le refiler?Mohamed CHAOUI

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