L'Edito

Inventivité

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5123 Le 10/10/2017 | Partager
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La page Chabat semble être tournée mais pas encore celle de la reconstruction de l’Istiqlal. Il reste donc à Baraka de montrer qu’il est capable de remettre sur selle une formation qui s’est sclérosée au fil des ans. Ces enjeux, l’Istiqlal n’en a sans doute pas l’exclusivité. Au Maroc, les batailles pour le leadership politique se négocient souvent à feu et à sang mais sans rien changer au pouls de la vie démocratique.

Si l’on ne connaît jamais à l’avance sur quel terrain l’affrontement va avoir lieu, c’est rarement celui des programmes. Les débats y sont portés vers les factions les plus radicales des partis comme en ont témoigné la semaine dernière les échanges de civilités, à la vaisselle et aux chaises, au congrès électoral de l’Istiqlal. Des mœurs qui en disent long sur le degré de maturité du système.

Dans de nombreuses situations, ces rendez-vous ne bouleversent pas le jeu politique qui reste renfermé sur lui-même. Et lorsque les formations arrivent à lever les soupçons d’endogamie politique, c’est alors pour confirmer l’immense décalage qui les sépare des attentes de la population. Beaucoup de partis n’ont plus grand-chose à raconter et pratiquement plus personne pour les écouter si ce n’est les rangs de leurs militants. Au-delà de la conquête du pouvoir, que défendent-ils réellement?

L’Istiqlal a aujourd’hui une nouvelle chance pour montrer qu’il est capable d’entamer sa mue. La formation devra se faire violence pour y arriver. Elle peut compter sur la qualité d’une partie de ses cadres, la bienveillance des Marocains compte tenu de son capital historique, mais elle doit au préalable contenir les poussées de fièvre ultra-conservatrices qui n’ont jamais totalement disparu de son ADN. Elle doit surtout réengager la bataille des idées.  C’est ce sursaut d’inventivité politique qui est souhaité.

 

 

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