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Décès du poissonnier d’Al Hoceima : L’Oriental gronde

Par L'Economiste| Le 30/10/2016 - 09:29 | Partager
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L’Oriental est en émoi depuis le tragique accident qui a coûté la vie à un marchand de poisson ce vendredi à Al-Hoceima. Une situation qui n’est pas sans rappeler le démarrage du printemps arabe en Tunisie après que le jeune marchand ambulant Mohamed Bouazizi se soit immolé par le feu. Le décès du jeune poissonnier Mouhcine Fikri a dégénéré ce samedi déclenchant de vives protestations, sit-in et manifestations dans plusieurs villes du Rif et de l’Oriental.

Les faits se sont déroulés le soir, quand Mouhcine Fikri s’est vu saisir sa marchandise (environ 600 kilos d’espadon) par les autorités, la pêche de cette espèce étant illégale à cette période de l’année. Selon les pêcheurs, lorsque les poissons pêchés illégalement sont frais et peuvent être consommés, les contrevenants écopent d’une amende et le produit de la pêche est redistribué à des orphelinats et maisons de vieillesse. Or, lorsque la marchandise est impropre à la consommation, elle est détruite. Et c’est ce à quoi les autorités ont conclu dans ce cas à Al Hoceima.

Lors de la destruction de la marchandise qui s’est déroulée en public, le jeune Mouhcine Fikri et trois de ses compagnons ont grimpé sur la benne du camion à ordures, pour tenter de bloquer l’opération. Mal lui en a pris, parce que si les autres ont réussi à s’échapper au moment du démarrage du broyage, le pied droit du jeune poissonnier a malheureusement été aspiré par le mécanisme de compactage, entraînant sa mort sur-le-champ. Son corps n’a pu être retiré qu’après l’intervention de la protection civile.

Plusieurs versions sont données pour expliquer ce drame. Selon un communiqué des autorités locales, le camion chargé de la collecte des ordures a procédé à la destruction du poisson (pêché illégalement et saisi) avant que le jeune Mouhcine ne soit monté sur la benne. Décision fatale, car l’opération de compression était déjà déclenchée. Toutefois, une source policière locale précise que l’enquête préliminaire a conclu à un acte suicidaire.

De son côté, la version des "témoins oculaires" est différente. Elle précise que l’ordre de broyage aurait été donné au chauffeur du camion par un responsable des forces de sécurité. Chose que dément formellement la DGSN qui a sorti un communiqué expliquant que les informations relayées par les réseaux sociaux sur l'implication de policiers dans la mort du poissonier sont "dénuées de tout fondement".

Sur le plan des réactions officielles, le gouverneur de la province Mohammed Zhar et le procureur du Roi ont rendu visite au lieu de l’accident, la nuit même du drame. Ils ont ordonné l’ouverture d’une enquête en vue d’élucider les circonstances du décès du jeune marchand et définir les responsabilités.

Ali Kharroubi

 

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