L'Edito

Ersatz

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
mohamed_benabid.jpg

Encore une appellation  qui sera difficile à apprivoiser. Gouvernement ouvert, Open Government. Au départ, l’initiative qui fait courir depuis six ans plusieurs pays dans le monde, et maintenant le Maroc,  n’est pas inintéressante. Permettre aux citoyens de surveiller ce que l’Etat fait est un levier reconnu pour la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

En théorie, connaître le budget de construction d’une route par exemple peut conduire le citoyen soit à demander un plus grand effort financier, s’il juge le montant faible, soit à exiger des explications s’il trouve que les travaux ont été mal faits. Facile à dire, plus compliqué à faire.

Dans le contexte marocain, encore faut-il que les citoyens puissent disposer des relais nécessaires pour transformer leur mécontentement en pression. Connaissant l’état de délabrement du champ politique, c’est quasi-mission impossible. En réalité, pour de nombreux dirigeants, verrouiller les données peut être un moyen de garder leurs propres bureaucraties sous contrôle.

Des mesures qui consistent à mettre trop d’informations en ligne peuvent paraître à première vue impressionnantes. Elles le sont moins si elles sont croisées avec un projet de loi dangereux, comme celui de l’accès des citoyens à l’information. Texte qui compte sacraliser les comptes-rendus des conseils de gouvernement, en multipliant les exceptions à côté des sujets de défense et de sécurité publiques. Le chantier de l’Open Government ressemble pour l’heure plus à un ersatz de transparence.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc