L'Edito

Dignité

Par | Edition N°:918 Le 18/12/2000 | Partager

Al Amana, l'association marocaine qui gère les fonds de l'USAID, a signé à la mi-décembre, le 100.000ème microcrédit. Elle a 34.000 crédits en cours. Ce qui veut dire qu'au moment où vous lisez ces lignes, 34.000 familles pauvres s'efforcent, grâce à ce mini-soutien financier de sortir définitivement de la misère et qu'elles le font dans la dignité, pas dans l'humiliation de la mendicité. Les gestionnaires d'Al Amana ont prouvé que, dans ce domaine difficile et vierge, on pouvait aller très vite tout en faisant un travail très sérieux.Al Amana traite plus de la moitié de l'ensemble des microcrédits au Maroc. La plus connue des autres organisations spécialisées dans ce domaine est naturellement Zakoura. La Banque Populaire vient elle aussi de s'investir dans ce champ d'activité. Les concours pris sur les excédents de la deuxième licence GSM vont en outre à court terme doubler les montants investis dans le microcrédit, qui au Maroc ont d'excellents taux de remboursement.On ne dira jamais assez combien l'énorme travail de relations publiques de Zakoura a été bénéfique pour installer dans l'opinion les bons réflexes et les bonnes analyses vis-à-vis du microcrédit: dans certains pays qui n'ont pas eu ce travail préalable d'explication, des démagogues se sont emparés de l'idée et ont poussé les bénéficiaires à ne pas rembourser si bien que le système s'est écroulé. Quelques fois, ces démagogues ont ainsi acquis des sièges dans leur Parlement, mais les pauvres ont été privés d'une aide inestimable: c'est la seule qui leur permette de sortir du cycle infernal de l'humiliation.Quand les hommes et les femmes discutent avec les crédit-men, quand ils prennent l'argent de leur crédit, ils le font en se tenant droits, pas en courbant les épaules. Quand ils disent au revoir, ils serrent la main, et s'ils portent la leur à leurs lèvres, ils ne se précipitent pas en courbant l'échine pour baiser celle du micro-banquier. S'il faut tirer une seule leçon du microcrédit, c'est que, bien géré, il produit de la macro-dignité.Nadia SALAH

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