L'Edito

Déliquescence

Par | Edition N°:906 Le 30/11/2000 | Partager

La démocratie ne se limite pas au vote et à l'élection. Elle est également un mode complexe de fonctionnement des institutions et de l'appareil de l'Etat. Ce mode-là, manifestement, le Maroc a du mal à le maîtriser. Ce que l'on constate, c'est que sous couvert de démocratisation, un désordre généralisé s'installe; lequel est de nature à pervertir l'évolution démocratique du pays. Il crée une sensation de non-maîtrise et donne l'impression que le pays n'est pas gouverné. Les guerres de clans, de factions et de personnes font rage à tous les niveaux. Les belligérants n'hésitent pas à utiliser toutes les méthodes, même si elles mettent en cause la stabilité du pays lui-même. Les intérêts personnels passent avant tout. Nous vivons une époque sournoise. Celui qui crie le plus fort obtient gain de cause; peu importe qu'il ait raison ou tort. Ainsi en est-il des occupations d'usine; ainsi en est-il des manifestations ne dépassant pas une dizaine de personnes, etc. La lutte pour accéder au pouvoir ou y rester prend des tournures parfois complexes. Il semble que chez les acteurs se soit installée la conviction qu'en définitive la société marocaine est une société masochiste: plus on l'exploite et plus on se moque d'elle, plus elle acquiesce.En réalité, toute cette agitation ne concerne qu'une infime partie de la population. Le reste, la très grande majorité, s'interroge et s'inquiète de ce vent de folie qui souffle et donne la priorité au plus débile d'entre-nous. Le sage a tout intérêt à rester à l'écart de ce jeu de massacre suicidaire, qui ne peut que se retourner contre ses acteurs.Abdelmounaïm DILAMI

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