L'Edito

Ciblage

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5027 Le 19/05/2017 | Partager
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Le Maroc arrive à agir sur la pauvreté mais pas suffisamment sur les  inégalités. C’est malheureusement une image pas très flatteuse qui continue de nous coller à la peau. Ce constat s’abreuve  à plusieurs sources. La plus importante tient au diktat des  ressources disponibles.

En attendant des sursauts de compétitivité, qui apporteraient des marges de richesse supplémentaires, le Maroc n’a d’autre alternative que de s’appuyer sur la croissance pro-pauvres. C’est-à-dire d’actionner des leviers sociaux, des politiques redistributives pour réduire les poches de vulnérabilité. Le hic c’est que la croissance dite relative, celle censée permettre aux plus pauvres de profiter plus que les autres des effets de la création de richesse, ne joue pas assez. 

Ce qui maintient les inégalités. Comme pour les questions d’emplois, c’est donc encore une fois les questions d’efficience de la croissance qui sont mis en perspective. Un exemple traduit à lui seul ces préoccupations: les asymétries en matière d’accès à l’éducation.

Dans cet écosystème où les légendes sont tenaces, comme pour une présupposée insuffisance de budget, 30% des élèves du secondaire et du supérieur relèvent de la classe des 20% les plus riches, tandis que 10% appartiennent aux 20% les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de ressources mais de ciblage. Dommage de rester sur cette impression, car les réalisations à l’issue d’ingénierie bottom-up comme celle de l’INDH sont réelles.

Les travaux sur la décomposition de la pauvreté font ressortir d’autres scénarios douloureux, à savoir que la pauvreté peut s’aggraver si les inégalités se creusent. Des scénarios qui servent d’étincelle socio-politique à de stupides et terribles histoires de poissons et de poissonnier.

 

 

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