
Le ministère russe des Affaires étrangères, dirigé par Sergei Lavrov (photo ci-contre), a annoncé que le Kremlin ne participera pas à la conférence des amis du peuple syrien qui se déroulera vendredi en Tunisie. Une nouvelle fois, la Russie freine le programme international de résolution du conflit syrien, tandis que les violences s’intensifient à Homs
LA Tunisie sera le théâtre, vendredi prochain, de la «Conférence des amis du peuple syrien», prévue depuis plusieurs semaines et proposée à la base par les Etats-Unis et par la France. Objectif: aboutir à une entente entre les membres de la communauté internationale visant à mettre fin aux violences qui sévissent depuis des mois en Syrie. Un projet néanmoins freiné par Moscou.
En effet, la Russie vient de déclarer officiellement ne pas participer à l’évènement. Le Kremlin a prétexté ne pas avoir été informé ni de la composition de ses participants, ni de son ordre du jour. C’est en tout cas ce qu’a affirmé Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Moscou a également affirmé que la finalité de la conférence n’était pas suffisamment claire. Par ailleurs, la Russie a reproché l’absence de représentants du gouvernement syrien, alors que le sujet le concerne en premier. Ainsi, selon le Kremlin, les intérêts de la population syrienne ne seront pas représentés. Mais, en réalité, la Syrie représente pour Moscou un allié économique clé, les deux pays étant liés par un important commerce d’armes. Autre pays également susceptible de plomber le plan international de résolution du conflit syrien, la Chine n’a pas encore confirmé sa présence à la conférence tunisienne. En effet, le pays hésite à participer à l’évènement, prétextant avoir besoin de plus de temps afin de s’interroger sur l’intérêt et l’organisation d’un tel rassemblement. Pékin s’était par ailleurs déjà opposé à la décision de la Ligue arabe de soutenir économiquement et militairement l’opposition syrienne. Paradoxalement, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai Jun, a appelé le régime syrien ainsi que les rebelles de l’opposition de cesser immédiatement les violences.
Mais le temps presse. En effet, les violences s’intensifient depuis plusieurs jours dans le pays. Pas moins de sept personnes ont trouvé la mort hier au cours de bombardements dans les quartiers rebelles de la ville de Homs, attaquée quotidiennement par l’armée du régime depuis 17 jours. Un huitième civil a trouvé la mort dans la région d’Alep au nord du pays. Au total, plus de 6.000 personnes ont trouvé la mort depuis le début du soulèvement contre Al-Assad.
Karim AGOUMI