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Bateaux bloqués en Europe
Le conflit commercial vire au drame humanitaire
4 ferrys de la Comarit en Espagne et 3 en France
364 marins tentent de survivre dans les bateaux bloqués à Algésiras et Sète
Les syndicats espagnols et français se mobilisent pour leur défense

Bateaux bloqués en Europe Le conflit commercial vire au drame humanitaire

Les équipages des bateaux saisis en Espagne et en France, souffrent du manque de vivres et de combustible, conditions aggravées par la vague de froid que traverse l’Europe. Ci-contre sur la photo, le Banasa lors de la campagne MRE 2011 à TangerMed

   

La crise continue et leur situation empire. Eux, ce sont les marins des quatre ferrys de la Comarit/ Comanav sous saisie conservatoire à Algéciras depuis le début de l’année. Le Banasa, le Boughaz, l’Al Mansour et l’Ibn Batouta, autrefois fers de lance du pavillon commercial marocain sont obligés de garder les amarres attachées au port espagnol à cause des importantes dettes engrangées dans le cadre de leur exploitation. Les marins, eux, sont obligés de rester à bord de ces bateaux pour les maintenir en état de fonctionnement mais aussi pour garantir leurs droits. Selon la Fédération internationale du transport (qui regroupe divers syndicats du secteur des transports au niveau international et qui a pris le dossier des marins en main), leur situation va au delà du simple conflit commercial et risque de devenir humanitaire. Les marins n’ont en effet reçu aucun salaire depuis la saisie des bateaux en début d’année, une affirmation qui n’a pas pu être confirmée de la part de la Comarit dont le management est resté injoignable à l’heure où nous mettions sous presse. Leur situation est d’autant plus sérieuse qu’ils manquent de vivres et de gasoil pour maintenir les chaudières en fonctionnement. Les syndicats espagnols n’ont pas manqué de monter au créneau et demander de l’aide pour ces marins oubliés à Algésiras. Ces derniers ont même fait appel au gouvernement andalou pour demander une intervention en faveur de ces marins en leur fournissant des vivres et du combustible pour maintenir un minimum de confort au sein des quatre bateaux.
A noter qu’une situation similaire se déroule chez les marins de trois autres ferrys de la Comarit mais cette fois à Sète. Là, ce sont 260 marins qui ne survivent que grâce aux dons des organisations humanitaires et à la mobilisation des syndicats français. La flotte de la Comarit/Comanav est également bloquée dans d’autres ports dont Tarifa et Nador.
Apparemment la situation n’est pas prête d’avoir une solution. En effet, des négociations sont en cours côté marocain pour essayer de refinancer et rééchelonner les dettes de la Comarit et la Comanav afin de leur permettre de reprendre du service. Mais pour l’instant, rien ne filtre encore sur l’avancement des discussions.
La situation est d’ailleurs d’autant plus critique que le temps passe et le risque de voir les bateaux vendus aux enchères est imminent. D’ailleurs, la période de grande affluence que connaît la campagne MRE approche et le risque de voir leur traversée perturbée est grande. Actuellement, seules les compagnies Imtc, Frs, Balearia et Acciona continuent de travailler sur les différentes lignes du Détroit auxquels se joint un ferry rapide de la Comarit.
Mais l’offre lors de la traversée risque d’être limitée en cas de forte pression surtout à partir du mois de juillet.
A rappeler que la crise a démarré en 2011 avec la saisie conservatoire au port de Sète du Biladi et du Marrakech. Auxquels s’est joint le Bni Nsar. En janvier dernier, c’était le tour aux autres bateaux de la Comarit saisis à Algéciras. La cause n’est autre que les dettes accumulées par cette compagnie.
L’un des plus importants est le chantier naval espagnol Navantia suivi de divers fournisseurs de matières premières en Espagne et en France. Au total, la somme s’élève à plus de 3 millions d’euros. La compagnie Imtc a elle aussi vu son ferry Rif saisi au port Tanger
Med. Il a été placé sous saisie conservatoire sur demande du tribunal de Tanger il y a quelques semaines pour être relâché quelques jours après, à la suite d’un accord à l’amiable avec le créancier. Il s’agit de Grandi Navi Veloce (GNV) qui exploite la ligne Tanger-Barcelone-Gênes. IMTC assurait le rôle d’agent commercial général pour le compte de GNV qui à ce titre lui exige le paiement de plus de trois millions d’euros au titre des ventes de billets.


Ali ABJIOU