L'Edito

Casacracra

Par | Edition N°:885 Le 31/10/2000 | Partager

Casablanca s'embourbe dans sa saleté. Elle n'est pas "blanca", elle est cracra. Il faut rebaptiser la métropole Casacracra. Ce nom conviendrait mieux au comportement quotidien de ses habitants et élus.L'incivisme marocain bat tous ses records dans la capitale économique. L'épicier qui vend bonbons et gâteaux considère qu'il n'a pas à installer une poubelle pour que ses clients y jettent les emballages. Il a raison. Tant que ses clients n'exigeront pas que son trottoir soit propre pour venir acheter chez lui, pourquoi se casserait-il la tête? Le cercle vicieux du laisser-aller entretenant la saleté urbaine est bouclé. Puisque commerçants et clients font leurs affaires au milieu des détritus qu'ils créent eux-mêmes, pourquoi l'industriel et l'entreprise de bâtiment se soucieraient-ils de l'endroit où atterrissent leurs gravats et rejets? Comble du comble, combien de restaurants et fast-foods ouvrent-ils leurs portes sur des trottoirs glissants à cause des saletés de leurs propres cuisines?Depuis plus de dix ans, les élus se battent entre eux pour qu'aucun accord ne puisse être passé avec des entreprises de ramassage d'ordures. A cela des raisons bien naturelles: comment faire recruter les amis et inféodés si le ramassage passe dans les mains d'une société privée, jugée sur les résultats? De quoi vivront les petites mafias des ordures, identifiées de longue date (Cf. L'Economiste du 16 juillet 1998) et qui infestent Casacracra?Il ne reste plus qu'à dire que c'est au nom de la démocratie qu'il ne faut rien faire contre le comportement des habitants et que c'est au nom de la politique sociale qu'il ne faut rien exiger des élus! Casacracra doit rester ce qu'elle est.Nadia SALAH

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