L'Edito

Carence

Par | Edition N°:882 Le 26/10/2000 | Partager

Le projet de Loi de Finances arrive en discussion devant le Parlement. Traditionnellement, cela constituait un des moments forts de la vie politique et parlementaire. Les débats et même les polémiques étaient intenses au sein du Parlement, que ce soit en commission ou en séance plénière. Pendant des années, M. Oualalou, chef du groupe USFP, montait à la tribune pour faire une lecture critique du projet de Loi de Finances. Les temps ont changés. Devenu ministre des Finances, M. Oualalou monte à la tribune du Parlement pour présenter le projet de loi. On réalise alors le vide politique dû à l'absence d'une opposition conséquente.A la limite, M. Oualalou n'a même pas besoin de défendre son projet de loi, tellement le débat est terne.Pourtant, l'actuel projet de budget augmente de manière importante les dépenses de fonctionnement de l'Etat, ce qui ne manquera pas d'entraîner des charges importantes pour les vingt-cinq années à venir. En d'autres termes, il y a là des implications structurelles. Certes, apparemment, le déficit est limité à 3%, mais en réalité les risques de dépassement sont grands. Il y a donc là matière à débat. Or, ce que l'on observe au sein du Parlement, c'est désintérêt ou absentéisme.On ne peut pas demander à la majorité parlementaire de venir faire une lecture critique du projet de budget; c'est là une des missions essentielles de l'opposition.Une telle carence dans le débat ne peut même pas être satisfaisante pour le gouvernement, car elle le maintient à la merci des exigences de la majorité et limite de ce fait son autonomie d'action par rapport à elle. Il s'agit là d'une déficience chronique dont souffre la vie politique de ce pays. Mais l'opposition ne se décrète pas...Abdelmounaïm DILAMI

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