L'Edito

Bousillé

Par | Edition N°:876 Le 18/10/2000 | Partager

Il y a exactement deux ans, les entreprises casablancaises de la zone d’Aïn Sebaâ, la première zone du pays en volume de production, tiraient la sonnette d’alarme: le coeur industriel du pays vit dans un cloaque sans nom. Boue, détritus, insécurité... Tout disait bien dans quel mépris le Maroc politique tient les vrais producteurs, ceux qui font emplois et revenus, y compris les revenus des municipalités.Un reportage choc et choquant publié dans les colonnes de L’Economiste avait contribué à créer un mouvement en faveur des cas les plus graves de la zone.La Lydec a rouvert les projets d’équipement laissés en plan par son prédécesseur la RED. De gros investissements ont été faits pour améliorer la distribution d’eau et d’électricité et créer le réseau d’assainissement.Deux ans après, les équipements sont là, ils fonctionnent. Les premières pluies d’octobre l’ont montré. Mais pour que ces équipements continuent à fonctionner, il faut que les chaussées soient faites ou refaites. En effet, le réseau d’eau et d’assainissement n’était pas le seul à poser problème. Quand elles existent, les rues et les routes sont défoncées. Quand elles n’ont pas été créées, rues et routes sont de simples pistes de terre et de poussière l’été, de terre et de boue par temps de pluies.Ce qui doit arriver arrive: les précipitations entraînent boue et détritus dans les nouvelles canalisations qui viennent d’être construites. Pas besoin d’être polytechnicien pour deviner ce qui va se passer cet hiver: les investissements de la Lydec et des industriels seront bouchés, bousillés, perdus. Pendant ce temps, les élus se battent férocement sur les dossiers du passé au lieu de regarder ce qui se passe sous leur nez.Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc