L'Edito

Bon dîner

Par | Edition N°:869 Le 09/10/2000 | Partager

Il n’y a pas eu d’illégalité dans l’élection du président de la Commune de Casablanca. Et pourtant, il y a matière à scandale. Les “arrangements” avant le vote ont certes respecté la procédure légale par la suite, mais tout était joué d’avance pour la sulfureuse succession de M. Slimani. Autrefois, personne n’aurait pipé mot en espérant une compensation par ailleurs. Aujourd’hui, les déçus témoignent des procédures occultes qui les ont écartés de la course, car les compensations sont devenues très hypothétiques. Le grand changement est là: c’est tout un système d’échanges et de connivences qui ne parvient pas à satisfaire ses propres clients et qui donc éclate.Ce ne sont pas les hommes qui sont en cause dans cette affaire. Les meilleurs eux-mêmes ne résistent pas longtemps à un système fermé et clientéliste qui fonctionne selon l’échange entre soi. Or, le mode de désignation des présidents de commune repose sur ce système fermé. Clin d’oeil de l’histoire: le texte en vigueur organise le clientélisme, mais il n’est pas complètement fou puisqu’il a fortement limité les pouvoirs des communes. La lourde tutelle “basrienne” a modulé selon ses voeux le paysage politique local, mais elle a aussi empêché que le clientélisme féodal ne devienne des mafias modernes, comme on l’a vu dans nombre de grandes villes des pays émergents. Il faudra y penser en écrivant le texte de la réforme.Au dîner privé qui a désigné le président, c’était le texte des collectivités locales que les convives ont mangé sans le savoir. Il n’en reste plus une miette.Le scandale de Casablanca le souligne jusqu’à la caricature et montre toute l’urgence de la réforme. Nadia SALAH

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