Economie

Villes: La difficile bataille de l’urbanisme

Par | Edition N°:3433 Le 28/12/2010 | Partager

. Rabat a abrité hier une rencontre sur les agences urbaines . Au menu: le foncier, les procédures et le contrôle . Et également la qualité de l’offre COMMENT améliorer l’image et l’aménagement de nos villes pour qu’elles deviennent un espace de vie agréable? C’était l’une des questions centrales posées aux participants à la 5e rencontre nationale des agences urbaines organisée, hier à Rabat, sous le thème «Les agences urbaines, 25 ans de paysage urbain». Tout le monde est conscient des maux dont souffrent nos villes suite notamment à une amplification rapide de l’urbanisation ces dernières années. La rencontre de Rabat a donc été une opportunité pour faire le bilan et également aborder les nouveaux défis à relever en matière d’urbanisation par l’ensemble des acteurs, y compris les agences urbaines. Au menu de cette manifestation scientifique, trois ateliers dont les thématiques ont été articulées autour de trois axes. Le premier porte sur la sauvegarde, l’amélioration et la production du paysage urbain. Quel paysage urbain pour un développement durable a fait l’objet du deuxième axe. Alors que le dernier a abordé l’évolution et les défis de la ville marocaine. Pour ouvrir le bal, Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement de l’espace a soulevé un certain nombre de questions pour une profonde réflexion sur le nouveau rôle des agences urbaines. Elles portent notamment sur la relation entre l’urbanisme et la qualité dans la planification et la production de logements. De même pour d’autres chantiers comme celui du renouvellement urbain et du contrôle. Concernant ce dernier volet, le ministre n’a pas hésité à signaler la mauvaise qualité architecturale de certains projets. Les procédures ainsi que la lenteur dans la production des documents d’urbanisme ont été aussi soulevées. Cela contribue au déficit enregistré en matière d’équipements publics, notamment pour les écoles et les établissements sanitaires.«Pendant une décennie, on est arrivé uniquement à réaliser près de 20% des projets prévus dans les plans d’aménagement de nos villes», explique le ministre. Pour lui, il faut aussi ouvrir le débat sur la question de la mobilisation et la gestion du foncier. Un volet qui a été développé par la suite par Allal Sakrouhi, wali, directeur général des collectivités locales. Pour ce dernier, la difficulté de la mobilisation du foncier à cause de sa cherté est devenue un élément de blocage dans le développement urbain. Pour pallier cette situation, plusieurs pistes de réflexion pourraient être envisagées, notamment revoir le système d’expropriation pour utilité publique. Et également la création d’une taxe à la contribution à l’urbanisation due par les propriétaires de terrains. Sakrouhi propose aussi le système de ration de terrains à réserver aux collectivités locales. Ce système est déjà pratiqué dans certains pays européens comme la Hollande avec une ration de 10%. Outre la problématique du foncier, le DG des collectivités locales a abordé également les questions de la mixité et de la densité en matière d’urbanisation. Le volet des contraintes, surtout financières, posées aux agences urbaines a été aussi soulevé. «Avec un effectif de 1.300 personnes, le budget de fonctionnement de l’ensemble des 26 agences urbaines du pays avoisine les 230 millions de DH, et celui de l’investissement ne dépasse pas les 100 millions de DH par an», indique le ministre de l’Habitat. Pour ce dernier, il faut revoir ces allocations à la hausse pour permettre à ces établissements de jouer leurs rôles dans de bonnes conditions.


Conventions

NOTONS, par ailleurs, que la rencontre des agences urbaines a été aussi une occasion pour présenter l’expérience de l’agence urbaine de la région de Rabat, résumée par son DG Khalid Ouaya dans deux actions principales. L’une, de portée internationale, concerne la signature de conventions avec la Fondation Metropoli. Il rappelle que cette dernière est l’une des plus prestigieuses institutions en matière d’innovation urbaine et dont l’œuvre a permis à plusieurs villes à travers le monde de réussir une belle métamorphose urbaine. Il s’agit des cas du Singapour et Bilbao. Quant à la seconde opération, elle est d’ordre national. «Elle porte sur le renforcement du partenariat avec des institutions telles que le groupe Caisse de dépôt et de gestion (CDG) avec lequel l’agence de Rabat a initié la première action au niveau national en matière d’urbanisation écologique», indique Ouaya. Cette opération consiste en la réalisation par la CDG d’un éco-quartier sur une superficie de 270 ha près de Hay Ryad. Toujours dans le même registre, il faut noter que la séance d’ouverture a été marquée par la signature de trois conventions de partenariat entre l’agence urbaine de Rabat, d’une part, et la Fondation Metropoli et le conseil de la ville, d’autre part. Noureddine EL AISSI

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