Culture

Un globe-trotter iranien au Musée de Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:3067 Le 14/07/2009 | Partager

. Une centaine de carnets de voyage, photos et tableaux . Ils resteront exposés encore six mois L’artiste iranien Chayan Khoï, 46 ans, expose une centaine de ses carnets de voyage, tableaux de peintures et photographies en grand format au Musée de Marrakech jusqu’au 31 décembre prochain. C’est l’occasion de se perdre dans les souks du Yémen, de méditer dans les temples zen de Kyoto, parcourir les rizières de Bali et plonger dans le bleu des cyclades. En véritable globe-trotter, Chayan parcourt le monde depuis 25 ans et ramène dans ses bagages des carnets de voyage, qu’il considère comme ses «compagnons de route». «Le carnet de voyage est un objet vivant, qui respire, a une odeur, une sensibilité. Mon objectif à chaque fois est de capter l’air du pays, mais surtout de capturer les sensations éprouvées dans l’instant, comme seul un appareil photo ultra-développé faisant appel à tous les sens pourrait le faire», explique l’artiste voyageur. Au cours de ses voyages, il réalise des créations uniques sur des peaux qu’il fait réaliser dans l’atelier d’un tanneur en Namibie. Il note ce qu’il aime, ce qui l’émeut. Il prend des photographies des gens rencontrés et les développe sur place. «Un appareil photo, du papier, une paire de ciseaux, un bon stylo, un stock impressionnant de super glu, sans oublier une couverture souple en peau: voilà ce que j’emporte avec moi», confie-t-il encore. Pour réaliser ses œuvres, il utilise tout et n’importe quoi: des menus de restaurants, du papier journal, de la monnaie locale, des plumes d’oiseaux, des grains de sable, des écorces d’arbre. Il se sert aussi de matériaux naturels glanés au bord du chemin, d’étoffes artisanales. «Une démarche qui relève sans doute moins du travail de l’artiste que du plaisir du collectionneur», commente-t-il. Au cours de ses pérégrinations, Chayan Khoï a remarqué aussi que les gens aiment se sentir liés à son carnet. Ils ont envie d’y écrire une calligraphie, un proverbe ou d’y voir collée une photo les représentant, afin d’y déposer leur trace. «Ainsi mon carnet peut aussi devenir un passeport extraordinaire pour faciliter les rencontres». Par le biais de cette exposition à Marrakech, l’artiste iranien souhaite partager avec les visiteurs ses impressions de voyage. «Touchez, ressentez, humez, reniflez et immergez-vous dans mes carnets. C’est l’occasion de faire un petit bout de chemin avec moi». Chayan Khoï se partage entre ses domicile et atelier parisiens et de très fréquents séjours itinérants. Précurseur dans le domaine de la création numérique, il s’est tourné depuis peu vers des techniques plus Artisanales et traditionnelles.Nadia BELKHAYAT

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