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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

lundi 01 septembre 2014,
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Sur les aires de repos espagnoles...

   
• Une signalisation en français et en arabe sur l'axe autoroutier Irun-Madrid-Andalousie• Les ports espagnols d'Algesiras, Almeria ou Malaga travaillent à plein régime pendant les mois d'étéUN père de famille marocain boit du thé à la menthe avec sa femme et ses deux enfants alors qu'un fidèle en djellaba fait sa prière sur un tapis, c'est une des scènes typiques des aires d'autoroutes espagnoles pendant les mois d'été. Environ un million de Marocains retournent chaque été au «pays« la plupart en voiture, en traversant l'Espagne qui a aménagé des aires pour ses visiteurs ainsi qu'une signalisation en français et en arabe sur l'axe autoroutier Irun-Madrid-Andalousie.«Comme les cigognes, nous rentrons tous les ans depuis vingt ans. Ma voiture ainsi que l'itinéraire ont changé, mais on passe toujours par l'Espagne«, plaisante un ouvrier de Colmar en Alsace, qui se rend avec toute sa famille (six personnes) chez ses parents à Rabat.Au col de Desfiladeros, entre Bilbao et Burgos (Nord), deux camionnettes de sept personnes s'apprêtent à repartir après une pause. Il s'agit de deux familles de Maubeuge (Nord de la France) qui se rendent à Oujda en passant par Almeria et Nador. Les deux véhicules sont remplis à ras bord avec des galeries sur le toit justifiant le surnom de «dromadaires«. Que transportent-ils? «Des cadeaux«, plaisante le fils. «Il ne manque rien au Maroc. Toi, quand tu vas en Europe, tu ramènes bien des cadeaux«, coupe le père, assis à l'arrière avec un chérubin de trois ans sur les genoux.Après le col de Somosierra (90 km au Nord de Madrid), l'aire de repos de Horcajo peut accueillir 140 voitures pour la nuit. Jadis, les voitures avaient du mal à passer le col, mais aujourd'hui les camionnettes ou voitures immatriculées en Belgique, aux Pays-Bas et en France passent presque toutes sans encombre même s'il arrive encore qu'un radiateur rende l'âme pendant la difficile montée.Un médecin, un auxiliaire et un traducteur attendent 24h/24 jusqu'au 3 septembre les visiteurs qui peuvent être gratuitement informés sur les départs des bateaux. Seize douches, un magasin de légumes et une petite mosquée complètent l'installation. Sur l'aire, des familles se reposent, se restaurent ou boivent du thé. «On s'arrête à l'heure des prières«, explique un Marocain, ouvrier à Dreux (centre). Son trajet est encore long. «La traversée à Algésiras dure moins d'une heure, mais après, il faut aller tout au Sud, à Agadir«, explique-t-il tout en refusant, lui aussi, de commenter son important chargement.Quant au voyage, il affirme que c'est un «plaisir«. «Avant, il y a 30 ans, c'était autre chose. Il y avait des bouchons tout le temps. Et, pour le bateau, tu pouvais attendre une journée entière. Aujourd'hui, en moins d'une heure, tu es parti«.Les ports espagnols d'Algésiras, Almeria ou Malaga travaillent à plein régime pendant les mois d'été. A Algésiras, la plus grande compagnie propose 14 navettes par jour de bateaux de 600 places. Plus de 8.000 personnes peuvent ainsi traverser la Méditerranée chaque année.