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Souk Bab Nouader à Tétouan: Une bombe à retardement!

. Le réseau électrique défaillant et les vendeurs ambulants sont une grave menace pour le souk . D’après le syndicat des commerçants, les solutions existent, mais la Commune d’El Mendri ne fait pas grand-choseAttention aux enfants de Tétouan, ils pourraient tout vous... faire acheter! 8, 11 ou 15 ans, ils sillonnent Souk Nouader avec un sourire amusé. De temps à autre, un gamin arrête un passant pour lui vendre des chaussettes. S’il arrive à ses fins, il rejoint fièrement ses amis. Apparemment, l’opération était à l’origine un pari. Tout en commerçant, ils s’amusent. Cependant, comme toutes les personnes présentes ici, ils prennent un risque. Ce souk est une vraie bombe à retardement. Normalement, on devrait accrocher une pancarte à l’entrée indiquant «Danger de mort!». En cas d'incendie, -ce qui est probable-, environ 70% des personnes présentes dans le souk pourraient être brûlés vifs. Pas besoin d’imaginer les corps calcinés ou de sentir le barbecue humain, la catastrophe nécessiterait un deuil national de 40 jours.Le souk se trouve au centre-ville, sur le boulevard Anoual. L’accès à ce boulevard est relativement simple. Avec une sirène et un bon coup d’accélérateur, les sapeurs-pompiers pourraient intervenir à temps. C’est à l’entrée du marché que se situe le premier obstacle: les baraques... Il est 11 heures du matin. La foule commence à se former aux alentours de Bab Nouader. Après avoir échappé aux vendeurs ambulants, les clients doivent se frayer un chemin entre les baraques pour pénétrer dans le souk. Celui-ci s’élève sur quatre étages. «Cette situation rend furieux les commerçants du souk», se plaint Rachid Ouazizi, membre du Syndicat des Commerçants à Bab Nouader. «C’est un véritable embargo qui nous est imposé par les vendeurs ambulants et les baraques installées illégalement à l’entrée du marché», ajoute-t-il. En bon commerçant, Rachid met en évidence la concurrence déloyale, la fiscalisation, les parts de marché... «106 magasins du souk ont dû fermer», précise-t-il. En bon citoyen, il craint surtout le risque d’incendie. «Le 30 décembre 1999, un incendie s’est déclaré à cause d’un court-circuit. La protection civile n’ayant pas pu accéder au souk, ce sont les commerçants qui ont éteint le feu», raconte Rachid.Ici, le risque d’incendie est omniprésent. Les fils électriques sont défaillants. De temps en temps, on aperçoit même des étincelles. Des produits «inflammables» sont souvent exposés à proximité: vêtements en laine, tissus, éponge... Les magasins ne sont pas équipés d’extincteurs. Pour passer d’un étage à un autre, il faut faire environ dix marches en essayant de se glisser entre corps et marchandises, les commerçants exposant leurs produits même sur le marches. Seul un petit mètre est épargné. Les membres de la protection civile ont assuré à maintes reprises qu’il serait impossible d’évacuer le souk en cas de nécessité. En haute saison, le souk peut contenir plus de 3.000 personnes en même temps. En mai 1999, les commerçants ont adressé une plainte au wali de Tétouan. En juin 2000, ils ont porté des brassards blancs. «Nous allons multiplié les actions de protestation», assure Rachid. Les raccords électriques ne constituent pas le seul risque, il y a plus grave! Certains vendeurs ambulants utilisent des bombonnes de gaz pour réchauffer les produits alimentaires qu’ils vendent ou pour éclairer leur commerce le soir. «Pendant la dernière saison scolaire, une bombonne a explosé à proximité d’une école, le pire a été évité», explique Rachid. L’incident a eu lieu le 9 février 2000 à la sortie d’école, vers 18 heures. L’association des parent d’élèves de l’école Ibn Rochd a adressé un courrier au wali où elle met en cause les vendeurs ambulants. «A Tétouan, il y a 5 marchés bâtis en dur. Ils sont aménagés. Ils sont restés vides!» assure Rachid. Selon lui, tous les vendeurs ambulants pourraient y être «casés» de façon réglementaire. Ils payeront un loyer, seront reliés au réseau et surtout (le bon commerçant!) payeront des taxes. Ainsi, la concurrence sera loyale et le risque d’explosion de bombonnes deviendra nul.Pour le réseau électrique défaillant, la Régie Autonome Intercommunale de Distribution d’Eau et d’Electricité a établi un projet de renouvellement des installations existantes. «Le projet est au statu quo à la Commune d’El Mendri!» signale Rachid. Selon lui, tous les plans ont été établis. Il ne manque que l’accord de la Commune. L’Economiste a essayé de contacter le président de la Commune d’El Mendri, mais aucune réponse n’a fait suite à ces appels.


Plutôt la prévention

Les incendies de souks au Maroc se suivent et les dégâts se ressemblent. Après celui du Souk Koréa à Casablanca qui a eu lieu samedi 16 septembre, un autre a ravagé Souk El Had à Agadir dans la matinée du lundi 18 septembre. Des mesures préventives s’imposent.Anouar ZYNE

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