Entreprises

Sothema résiste aux assauts de la concurrence

Par | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
Maintenir la suspension de la ligne de production
Monter la pression sur les pouvoirs publics
Mais réorganisation industrielle

Omar Tazi, PDG de Sothema, entend mettre la réorganisation industrielle du groupe sur le métier de façonnage de génériques

Le PDG des laboratoires pharmaceutiques, Sothema, qui présentait ses résultats annuels avant-hier à la Bourse de Casablanca, a du mal à tourner la page de l’insuline. Ce dossier, «en suspens», est visiblement resté en travers de la gorge de Omar Tazi, qui dit voir dans l’attitude des pouvoirs publics face à ce dossier, «une sorte d’indifférence collective inconsciente». Tazi fait clairement allusion à la fin de non recevoir, en tout cas sans suite, de sa plainte pour dumping contre le laboratoire Laprophan, déposée au Conseil de la concurrence, en plus des réclamations sans feedback non plus au Cabinet royal, à la Primature et au ministère de la Santé. «Seuls Chami et Maâzouz (ndlr; respectivement ministres de l’Industrie et du Commerce extérieur) semblent prendre la mesure du danger que court le Maroc»!
«Comment l’Etat peut, sous prétexte d’un prix plus bas, confier le sort de 3,5 millions de diabétiques à un seul importateur, dépendant d’un laboratoire étranger alors que la production de Sothema pouvait répondre aux besoins du marché»? Le laboratoire couvrait 75% du marché libyen, 100% tunisien et yéménite, 50% sénégalais… Dans tous ces marchés, son concurrent sur l’insuline, Novo, l’a bouté dehors.
Mais, le top management de Sothema est prêt à en découdre pour, «diminuer la dépendance du pays aux laboratoires étrangers», dit Omar Tazi, en ce qui concerne en tout cas l’insuline mais peut-être aussi pour rentabiliser le lourd investissement consenti dans cette ligne de production.
La nouvelle politique des prix, visant la baisse des marges sur les médicaments, combinée au développement voulu par les pouvoirs publics des génériques, n’a pas eu trop d’impact sur l’entreprise. Malgré la faible croissance du marché en 2010, 1%, le chiffre d’affaires de Sothema à progressé de 12%, à 821 millions de DH. Plus de la moitié (51%) est apportée par le marché public et 46% par le façonnage. Ce nouveau métier chez Sothema est promis à des lendemains meilleurs, grâce au contrat de fabrication et de distribution de génériques pour le compte de Novartis, suite au rachat de l’usine Novartis Pharma à Casablanca d’une capacité de production de 8 millions d’unités. Ce deal dont le montant de transaction est tenu secret fait de Sothema un opérateur de premier ordre dans le façonnage des médicaments, mais également des injectables et de la biotechnologie.


5e rang sur le marché


Par ailleurs, Sandoz, l’un des deux premiers génériqueurs au monde, filiale de Novartis, va faire son entrée dans le marché marocain. Ce qui va se traduire par plus de génériques à façonner par Sothema pour le compte de ce groupe destinés à l’export.
En attendant, malgré la crise et l’intensification de la concurrence, Sothema a réussi à conserver son rang de 5e laboratoire pharmaceutique. Le laboratoire veille à ce que l’équilibre entre générique et princeps fabriqués sous licence soit maintenu à un niveau acceptable. Les génériques forment aujourd’hui 20% seulement de son chiffre d’affaires.
La compétition entre génériqueurs, rendue plus rude avec l’arrivée des multinationales à concentration horizontale, «va aboutir inévitablement à la disparition ou l’absorption dans le meilleur des cas de plusieurs entreprises pharmaceutique», redoute Tazi.
L’avenir pour Sothema serait-il le marché de l’export où son chiffre d’affaires (HT) est en croissance de 18%? Peut-être pas, car «c’est compliqué d’aller sur le marché international du médicament, qui exige que l’on se réfère aux prix pratiqués par le pays d’origine pour éviter tout risque de réexportation».


Filiales à l’étranger?


Face au marché local de plus en plus concurrentiel, le salut viendra-t-il de la création de filiales à l’étranger? En tout cas, la première filiale de Sothema à l’étranger, West Afric Pharma, implantée au Sénégal, dont la fabrication du premier lot industriel remonte au mois de mars dernier, est une première indication. Au-delà des difficultés inhérentes aux contraintes du sol étranger, l’affaire semble destinée à un bel avenir. Cette entité qui a nécessité un investissement de 5 millions d’euros (environ 56 millions de DH) table sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 1 million d’euros (près de 12 millions de DH).


Bachir THIAM

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc