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samedi 20 septembre 2014,
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Situation de l’enfance au Maroc: Le gouvernement fait le bilan

   
• Les indicateurs relatifs à la santé et à la scolarisation s’améliorent, mais beaucoup reste à faire• Les législations relatives à l’enfance seront réunies dans un code unique
Le premier rapport sur la situation de l’enfance au Maroc vient d’être publié. Il donne les différents indicateurs démographiques et sociaux relatifs à quelque 11,4 millions d’enfants à l’heure actuelle. Composé de 158 pages, le rapport décline la situation des enfants selon trois approches: les droits à la survie, les droits au développement et les droits à la protection et à la participation. Cette présentation en «groupes de droits« tient au fait que le rapport se réfère à la Convention internationale des droits de l’enfant que le Maroc a adoptée en 1993. Cette convention fait obligation aux Etats signataires de présenter un rapport annuel sur l’état d’avancement dans l’application de ces dispositions. Mais au-delà de cette obligation, le Maroc tente de dresser un bilan de toute la décennie 90. Selon M. Saïd Saâdi, secrétaire d’Etat chargé de la Protection sociale, de la Famille et de l’Enfance, «cette période a été couverte par le Plan national de protection de l’enfance adopté en 1993. Il est maintenant temps d’en évaluer les résultats dans l’objectif d’adopter une Charte nationale de l’enfance pour la prochaine décennie«. L’un des objectifs de cette charte est de réunir tous les textes de loi relatifs à l’enfant dans un code actualisé et en parfaite concordance avec les conventions internationales en la matière.Sur le terrain, la situation de l’enfance demande plus qu’une simple actualisation ou harmonisation avec les législations internationales. Les principaux indicateurs sont alarmants. C’est notamment le cas de la mortalité infantile qui demeure très élevée: 37 pour mille pour les moins d’un ans et 10 pour mille pour les moins de 5 ans. Ces taux sont en net recul par rapport au début des années 90 grâce aux larges campagnes de vaccination. Le rapport reconnaît toutefois qu’il est nécessaire de doubler d’efforts pour la généralisation de la vaccination qui ne touche actuellement que 80% des enfants. Le rapport note également la nécessité d’accorder un intérêt particulier à certaines maladies qui affectent de plus en plus d’enfants. Les maladies cardiovasculaires et allergiques sont citées au même titre d’ailleurs que les maladies dentaires. Selon le rapport, 72% des enfants âgés de moins de 12 ans souffrent des caries.L’autre domaine où un effort est demandé concerne l’enseignement. Le taux de scolarisation s’établit aujourd’hui à 80%. La généralisation de l’enseignement primaire est prévue pour la rentrée 2002-2003. Mais beaucoup reste à faire pour atténuer les disparités entre le monde rural et le monde urbain, ainsi qu’entre garçons et filles. Le rapport souligne également la gravité du problème de l’abandon. Aujourd’hui, 2,2 millions d’enfants âgés de 8 à 16 ans ne vont plus à l’école. Ce qui nécessite de renforcer l’effort d’alphabétisation et d’orientation vers d’autres types de formation.Le rapport rend compte des politiques de tous les départements gouvernementaux en matière d’enfance. Il évoque également l’action de la société civile et les réalisations des ONG travaillant dans les différents domaines qui ont trait au développement de l’enfance.
Un plan d’intégration des enfants sans abri en gestation
Le phénomène des enfants de la rue prend une ampleur inquiétante. Insignifiant il y a quelques années encore, il touche aujourd’hui pratiquement toutes les villes marocaines. Selon une étude du Secrétariat d’Etat chargé de la Protection Sociale, de la Famille et de l’Enfance, le nombre des enfants sans abri s’accroît rapidement dans les villes, notamment celles de moyenne et grande tailles. L’étude qui a concerné huit wilayas fait état de 8.780 enfants sans abri. 29% d’entre eux sont âgés de moins de 9 ans. 40% appartiennent à la classe d’âge 10-14 ans et 31% à celle de 15-18 ans. Le chiffre officiel reste cependant loin de la réalité. Selon les estimations de certaines ONG, Casablanca, qui ne figure pas dans l’échantillon de l’étude, compte plus de 4.000 enfants sans abri. Le chiffre national dépasserait, selon les mêmes estimations, 14.000. Le phénomène est particulièrement grave dans des villes comme Safi (2.322), Beni Mellal (1.668), Fès (1.700) ou Meknès (1.412). La ville de Tétouan est la moins touchée avec 60 enfants sans abri. Ces disparités ne reflètent toutefois pas fidèlement la réalité. Les enfants de la rue sont extrêmement mobiles et se déplacent entre les villes d’un même périmètre. D’où la difficulté de les localiser avec précision.De ce constat, le Département de M. Saïd Saâdi propose les premiers éléments d’un plan d’action pour la réintégration de ces enfants. Les fondements de la politique générale du gouvernement en matière d’alphabétisation, de lutte contre la pauvreté… y sont rappelés, mais des mesures spécifiques sur les plans juridique et institutionnel sont également avancées. Le plan propose de supprimer de la loi le caractère délictuel du vagabondage des enfants, d’accélérer l’élaboration d’une loi pour l’adoption, ou encore de créer un statut pour les «éducateurs de la rue«. Il prône par ailleurs la multiplication des études et des recherches ainsi que des campagnes de sensibilisation. Objectif: mieux connaître et faire connaître un phénomène qui n’est pas encore bien appréhendé.O. M.