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Séisme d'El HoceïmaChapeau bas aux associations

Par L'Economiste | Edition N°:1720 Le 08/03/2004 | Partager

. L'existence de petites associations locales leur a facilité la tâche . Il n'y a jamais eu un tel déploiement de l'élan associatifTala Yussef, un petit village de pêcheurs à une dizaine de kilomètres d'El Hoceïma, une des nombreuses bourgades de la région. Un camion acheminant des aides humanitaires (couvertures, médicaments, denrées alimentaires) se fraie un chemin dans la piste menant vers la place du bourg, suivi de deux voitures. A l'arrivée du convoi, la place est vide. Mais en l'espace de quelques instants, des dizaines d'enfants, des femmes aux robes multicolores et aux chapeaux de paille ainsi que des vieillards voûtés surgissent de toutes parts. Les hommes, pêcheurs pour la plupart, mettent un peu plus de temps à venir. “Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont les tentes et les couvertures”, un leitmotiv qui revient sur toutes les bouches. Et pourtant, à y regarder de près, les maisons ne sont pas très endommagées. Mais la peur persiste. A Tala Yussef, comme dans les hameaux environnants, la peur des répliques du séisme du 24 février est encore vivace dans les esprits.La présence d'un représentant d'une association locale facilite la tâche aux responsables du collectif Al Amal. La stratégie de ce collectif, auquel se sont ralliés Afak, Amsed, Réseau des Associations du Grand Casablanca, sous l'égide de la Banque alimentaire, est de prendre attache, à chaque fois que c'est possible, avec des associations locales. Ces dernières sont les plus aptes à dresser les listes des nécessiteux. “En matière de distribution des aides collectées, la collaboration de ces petites associations est inestimable”. “Nous essayons de contacter leurs représentants et une fois sur place, ils nous fournissent des listes détaillées des habitants des douars afin que les opérations de distribution se fassent dans les meilleures conditions possibles”, explique Abdellah Zaâzaâ, représentant de la Banque alimentaire sur place. Une fois les listes dressées, l'opération de distribution commence. S'il y a un constat dont il faut se réjouir suite à cette catastrophe, c'est bien la forte mobilisation des ONG nationales. Pour le collectif, la première action a consisté en un diagnostic de la situation et des besoins. Les données sont ensuite acheminées vers Casablanca afin qu'une première opération de triage soit effectuée.Pour d'autres associations, les premiers jours, c'était le chaos, “les distributions se faisaient n'importe comment et les scènes de pillage se répétaient”, explique un responsable. D'ailleurs, à ce niveau-là, plusieurs reproches ont été faits aux autorités publiques. “Il y a eu un peu de laxisme au niveau sécurité”, ajoute-t-il. Les scènes de pillage en présence des forces de l'ordre étaient courantes. Coincés entre le marteau et l'enclume, les agents de l'autorité publique ne pouvaient pas faire autrement que laisser les autochtones se servir sur les toits des camions.Ce qui a poussé la plupart des intervenants de la société civile à prendre les choses en main. Mais hormis les secours de première nécessité, certaines associations sont déjà en train de travailler sur des stratégies à long terme à l'instar de Terre des Hommes. Présents sur place dès le lendemain de la tragédie, ils essayent de faire un travail de déblayage du terrain pour préparer une action de soutien à long terme, en dehors des aides humanitaires offertes au collectif Al Amal. “Cette action consistera en un soutien psychosocial et éducatif sur deux ans”, souligne un responsable de cette association. L'expérience, initiée en Algérie et en Iran, a donné de bons résultats. Elle ciblera les enfants ainsi que les adolescents et sera menée par des psychologues, des assistantes sociales ainsi que des éducateurs-animateurs. C'est le cas aussi de Codespa qui a annoncé son intention d'entreprendre un travail de restauration de certaines constructions endommagées. Ceux qui n'ont pas pu apporter un soutien effectif sur place se sont mobilisés pour collecter les différents dons. Ainsi, l'aide humanitaire continue d'affluer de toutes les régions du Royaume. Ainsi selon la MAP, plusieurs acteurs de la société civile de la province de Béni-Mellal ont envoyé d'importantes quantités de denrées alimentaires, d'une valeur de près de 1.200.000 de DH, au profit des sinistrés. De leur côté, les membres de l'IRCAM (Institut royal de la culture amazighe) ont également envoyé mardi des tentes et des produits alimentaires.Pour leur part, les associations de la société civile, les élus ainsi que les opérateurs économiques de la région Oued Eddahab-Lagouira, en collaboration avec la wilaya de la région, ont, quant à eux, collecté des dons en nature. A Dakhla, dix camions, chargés de 84 tonnes de denrées alimentaires, de couvertures et de fauteuils roulants, ont été envoyés à destination de la région sinistrée.L'association “Fleur de vie” de la province de Taounate a, pour sa part, fait don d'une quantité importante de denrées alimentaires. D'autre part, les représentants de la profession vétérinaire ont décidé de mobiliser l'ensemble des médecins vétérinaires pour mettre leurs compétences au service des concitoyens et de l'élevage dans la région.Les actions envisagées ont trait aux mesures d'hygiène sanitaire, d'épidémiosurveillance, de protection de l'environnement et de soin aux animaux.De source officielle, à mercredi dernier et au total, 15.000 tentes, 150.000 couvertures et 1.200 tonnes de vivres ont été distribuées à El Hoceïma et dans les villages isolés.Fédoua TOUNASSI

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