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Séisme d'El Hoceïma
Aider, oui, mais correctement

Par L'Economiste | Edition N°:1713 Le 26/02/2004 | Partager

. Il y a assez de sang et de médicaments. Il faut penser aux semaines qui viennent«Ah…» Le délégué régional de la Santé fait montre d'un sang-froid extraordinaire. Il reprend la parole. «Pendant que nous parlons, la terre vient encore une fois de trembler». C'est que ces petites répliques ont le don d'affoler la population et alimenter les comportements de superstition.Chaque heure passée alourdit un peu plus le bilan des décès survenus suite au séisme. Mais la région bénéficie d'une mobilisation nationale et internationale exceptionnelle. Et pourtant cela ne couvre pas tout…«L'organisation, est elle aussi bien déployée», nous assure-t-on de toute part. Le plan d'urgence dit «plan Orsec», un dispositif exceptionnel d'organisation de secours, a été déclenché au niveau de toute la province. Ce plan prend en charge le côté santé, les secours civils mais aussi le logement temporaire des victimes. Pourtant, à l'heure où nous mettions sous presse, un membre de l'Association Anoual affirmait: «Pour l'instant, la population n'a reçu que des promesses» concernant sa prise en charge. «Les gens ont faim et froid». Du point de vue santé, il semble que l'aide soit suffisante. Les services de santé sont extrêmement soutenus: «Les aides affluent de tous les coins du pays, mais aussi d'Espagne, Algérie, Portugal, Allemagne et d'Autriche», disent les professionnels (médecins de la Fondation, délégation de la Santé, Aménagement du territoire). Selon Hmida Kerkouri, délégué régional du ministère de la Santé, «la situation est bien maîtrisée». Il y a assez de médecins, de médicaments et de sang. La Fondation Mohammed V, le Croissant-Rouge, Médecins Sans Frontières, l'association des médecins d'Al Hoceïma, d'autres ONG marocaines, espagnoles, allemandes sont sur le pied de guerre. Pour l'instant, les blessés, qui se comptent par milliers dont une centaine de cas graves, manquent surtout de soutien psychologique, estime Sahbani Chebli, médecin et membre de la Fondation Mohammed V. Une équipe locale de psychiatres mais aussi une équipe de l'hôpital Razi de Rabat sont mobilisées. Les besoins en médicaments et en sang destiné à la transfusion des victimes, sont largement couverts. «Il nous manquera peut-être du matériel d'ostéosynthèse», estime Hmida Kerkouri. Un appel immédiatement entendu. Les aides sont venues de toutes les villes voisines, explique Sahbani Chebli. Les laboratoires (Aventis, Cooper Maroc, Promopharm, Sopha Chark), délégations d'Oujda, Nador, Rabat, Casablanca sont également mobilisés. La Fondation a mis à la disposition des centres de santé une tonne de médicaments. Trois hôpitaux de campagne ont été dressés à Aït Kamra, Imzouren et Bni Abdellah. La priorité donc reste l'aide à la population locale: relogement, vêtements, alimentation.«Il ne faut surtout pas oublier que la population aura besoin de notre aide pour les mois à venir», prévient Atika Souiker de la Banque alimentaire. Déjà des manifestations à Aït Youssef Ou Ali, commune rurale enclavée entre Imzouren et Al Hoceïma, ont éclaté pour réclamer une distribution imminente des produits de première nécessité.


Lait en poudre, sucre, dattes…

La Banque alimentaire, fondée par la famille Tazi, a envoyé hier matin un chargement de 10 tonnes de denrées alimentaires et de couvertures. La cargaison est destinée aux associations locales (Anoual, Aït Kamra, Tazaghine) qui se chargent de la redistribution aux sinistrés. Un représentant de la Banque alimentaire est sur place à Al Hoceïma pour superviser les opérations. Le lait en poudre, le sucre, la farine, l'huile et les dattes sont prioritairement demandés. Mais les responsables ont aussi relevé un besoin de vêtements pour enfants et de couvertures. Les dons peuvent exceptionnellement être faits par chèque. Les responsables de la Banque alimentaire donnent un reçu pour chaque don, «pour assurer le maximum de transparence».Un comité de travail sur les aspects juridiques a également été mis sur pied. Son coordinateur, Ahmed Blaaichi, explique que ce comité est chargé d'identifier les responsabilités juridiques des autorités et les droits des victimes.


Appel de la Croix-Rouge

La Croix-Rouge a lancé hier un appel en faveur des victimes du tremblement de terre. Elle demande 2,8 millions de francs suisses (près de 19,6 millions de DH) pour porter secours à quelque 30.000 sinistrés. L'appel est basé sur des évaluations préliminaires des besoins. Les fonds doivent servir à financer la fourniture de 1.500 tentes, 30.000 couvertures, 15.000 matelas, 6.000 assortiments d'ustensiles de cuisine, des appareils de chauffage, ainsi qu'une assistance alimentaire aux rescapés.


Numéros utiles

La bonne volonté ne suffit pas pour une aide efficace. Voici quelques numéros utiles qui pourraient vous orienter sur la nature et les procédures d'aide.Numéro vert 08000 1030 (Attention! il est difficile d'obtenir la communication car ces lignes sont prises d'assaut)Association Anoual 063 22 95 12 Association Aït Kamra 064 27 95 88 Association Tazaghine 068 196 153 Association Cecodel 039 98 08 01Association Azir 062 060 562 (environnement)Comité de travail des droits de l'homme: 068 068 702 (coordinateur Ahmed Blaaichi)Banque alimentaire 022 94 63 2515, rue Tifnit, Hay Salam - Casablanca [email protected] autre numéro vert pour les personnes qui veulent présenter de l'aide, devait être disponible hier après-midi. Mouna KADIRI

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