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mercredi 23 juillet 2014,
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Sécurité dans le bâtiment: 250 nouvelles normes

   

Les risques inhérents au secteur du bâtiment ne sont pas encore maîtrisés. L'instauration d'une véritable approche de sécurité passe par l'instauration d'un dialogue entre les différents intervenants dans l'acte de bâtir et par un renforcement de l'aspect normatif.

Peut-on aujourd'hui prétendre à une maîtrise de la sécurité dans le secteur du bâtiment?
A en croire les interventions des participants au séminaire, organisé par le Laboratoire Public d'Essais et d'Etudes (LPEE) les 15 et 16 octobre à Rabat sur le thème de "Sécurité dans le bâtiment", la réponse est apparemment négative. Bien que des efforts ont été entrepris depuis quelques années pour une réglementation du secteur, "la prévention des risques n'est pas complètement dominée", a souligné un intervenant.
La maîtrise de la sécurité est d'autant plus difficile à instaurer que les risques sont multiples. Il peut ainsi s'agir de risques créés par la maladresse de l'usager comme il peut s'agir de risques indépendants dans leurs causes de l'habilité des usagers tels que le risque d'effondrement.
"Dans ce cas, la qualité et la sécurité sont deux aspects indissociables et complémentaires", a indiqué M. Omar Chemaou Elfihri, responsable du Centre de Formation et de Documentation et du LPEE International.
Pour assurer la pérennité d'un ouvrage, il est nécessaire d'instaurer dès le commencement une démarche qualité pour préserver la sécurité des personnes et des biens. Partant de cette nécessité, certaines exigences sont nécessaires, surtout celles liées à l'habitabilité, à la durabilité et au coût.

Manque de concertation


Le concepteur est amené alors le plus souvent à fixer des normes et introduire la notion de coefficient de sécurité, celle-ci étant définie comme la grandeur traduisant l'écart entre les situations de la construction et les situations à risques. Cette définition soulève immédiatement un problème de mesure et de calcul. Ainsi, l'évaluation de la sécurité de plancher vis-à-vis de la rupture nécessite une connaissance aussi précise que possible de plusieurs paramètres tels que les caractéristiques géométriques du plancher, les caractéristiques mécaniques des matériaux et leur mode de fonctionnement.

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La sécurité dans le bâtiment consiste à prendre toutes les mesures appropriées pour que ni la réalisation des travaux, ni les modifications possibles du sol dans le temps ne soient dommageables aux constructions et au sol.
La sécurité est assez facilement quantifiable lorsqu'il s'agit de s'assurer que les efforts transmis par l'ouvrage ne provoquent pas de rupture totale ou partielle du sol et n'entraînent pas de déplacements inacceptables des appuis ou des organes de liaison sol-structure. "L'origine de ces risques est lié généralement à un manque de concertation entre les différents intervenants, signe de non-qualité", a souligné M. Elfihri. Ces intervenants doivent acquérir une expérience capitale dans le domaine de la construction et être suffisamment structurés et avisés pour assurer la qualité des constructions.
Pour prétendre à une telle qualité, "l'instauration d'une politique de contrôle est par ailleurs obligatoire" est-il souligné. Celle-ci est généralement assurée par les bureaux de contrôle dont la mission consiste à normaliser les risques. Le contrôleur technique apporte ainsi une contribution essentielle à la prévention en s'appuyant sur une démarche constructive préalablement conçue et respectée. Ces actions planifiées permettent par conséquent d'établir et de fournir des preuves suffisantes que l'ouvrage, les matériaux et le déroulement des travaux satisferont les performances et les spécifications arrêtées.
Sur ce registre, un effort de normalisation et de réglementation technique a été renforcé depuis quelques années. Aujourd'hui, le secteur BTP bénéficie de plus de 50% des normes établies à l'échelle nationale. Cet effort devra être renforcé. Plus de 250 nouvelles normes sont en effet prévues pour l'année 1998-99.

Adil BOUKHIMA