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dimanche 21 septembre 2014,
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SCR: Renouvellement de la convention Etat/CDG mais pour deux ans seulement

   
. Les prémices d'une révision du cadre juridique de la réassurance
Le gouvernement semble déterminé à mettre en place une nouvelle politique de réassurance. Difficile en tout cas d'interpréter autrement l'accord auquel doivent parvenir incessamment le Ministère des Finances et la CDG. Les deux parties prévoient de renouveler, mais pour deux ans seulement, la convention du 9 mars 1960 relative à la Société Centrale de Réassurance (SCR). Celle-ci était jusque-là reconduite par tacite reconduction tous les dix ans. Selon nos informations, les deux parties auraient déjà obtenu l'accord de principe. Contactées à ce sujet, aussi bien la CDG, la DAPS (Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale) que la SCR préfèrent parler de «'projet à l'étude«. En tout cas, quel que soit son délai d'aboutissement, ce projet est marqué d'une pierre. La réassurance a toujours été connue pour être une activité très conservatrice au Maroc. Le non-renouvellement de la convention en question, ce qui peut être envisagé dans deux ans, doit se traduire par la suppression de la garantie de l'Etat dont bénéficie la SCR sous forme de subvention d'équilibre. Une pareille mesure peut avoir une double interprétation. Primo: c'est un indice pour une révision du cadre juridique de la réassurance au Maroc. Secundo: l'on semble s'orienter vers une relance du projet de privatisation de la SCR avec comme préalable la suppression de la cession légale. Ce n'est un secret pour personne: la SCR vit jusque-là d'une rente de situation qui est celle des affaires légales. En 1998 (ce sont les seuls chiffres disponibles pour l'heure), leur part a représenté environ 59% du portefeuille de la filiale de la CDG. Ce n'est guère rassurant quant à la santé financière du réassureur national qui reste au demeurant sous-capitalisé. Depuis plusieurs années, les compagnies d'assurances demandent la surpression de l'encombrante obligation de céder 10% sur les primes des opérations souscrites au Maroc. Si le marché a été pendant longtemps condescendent à l'égard de cette souscription forcée, c'est que le mécanisme permettait de transférer une part des pertes techniques des branches IARD (Incendie Automobile Risques Divers). Aujourd'hui, les résultats se sont globalement appréciés. Par ailleurs, les cédantes trouvent parfois de meilleures offres auprès des réassureurs étrangers. La SCR n'arrive pas toujours à suivre. Les critiques formulées à l'encontre du réassureur concernent notamment les placements des risques à forte réassurance facultative et plus particulièrement en IARD où les exigences en matière de qualité de service et de tarification sont de plus en plus importantes.
Des chiffres en retard

Pour un retard, c'en est un. Alors que la plupart des cédantes sont sur le point d'arrêter leurs comptes pour l'année 1999, le Conseil d'Aadministration et l'assemblée générale de la SCR viennent à peine de se réunir pour examiner les comptes de l'exercice.

.1998 !. Selon nos informations, ce retard est attribué à des divergences qui ont opposé la SCR et la DAPS autour de l'évaluation des provisions. Le chiffre d'affaires 1998 s'est établi à 1,49 milliard de DH (+4,5%). Les retenues locales pour le réassureur national ont progressé de 8%. Quant à la gestion technique ainsi que la gestion générale, elles ont également enregistré une nette amélioration (+46% à 238 millions de DH). Le bénéfice net a atteint pour sa part 172 millions de DH (plus-values oblige) contre 38 millions de DH en 1997. Les affaires légales, elles, ont représenté 59% du portefeuille avec 867 millions de DH. M. B.