International

Scandale “pétrole contre nourriture”
L’ex-ambassadeur de France à l’Onu inculpé

Par L'Economiste | Edition N°:2130 Le 14/10/2005 | Partager

. Mérimée, ex-ambassadeur au Maroc, était aussi conseiller à la BMCE au moment des faitsJean-Bernard Mérimée, ancien ambassadeur de France au Maroc (1987-1991) et également conseiller à la BMCE, a été inculpé mercredi 12 octobre pour “trafic d’influence” et “corruption active d’agent public étranger” dans le cadre de l’enquête sur des malversations présumées liées au programme “pétrole contre nourriture” dans l’Irak de Saddam Hussein. Mérimée, 68 ans, ex-ambassadeur de France à l’Onu, a été mis en examen par le juge financier, Philippe Courroye. Le juge Courroye le soupçonne d’avoir bénéficié de largesses du régime de Saddam Hussein sous forme de bons d’achat de pétrole ou “allocations” pour une valeur d’au moins deux millions de barils au moment du programme pétrole contre nourriture (1996-2003). Toutefois, Mérimée n’est concerné que pour la période 2001 à 2003. Il aurait perçu ces allocations en échange de son soutien “réel ou supposé” envers le régime baasiste, d’où la qualification pénale de “trafic d’influence”. Il pourrait ensuite avoir tiré profit de ces allocations sous forme de commissions à la revente via une société agréée par l’Onu, selon une source proche du dossier. Enfin, une partie de l’argent ainsi récupéré aurait été reversée à des proches du régime irakien sous forme de “surcharges” ou rétrocommissions, ce qui entraîne la qualification pénale de “corruption d’agent public étranger”.Le diplomate français est l’une des personnalités (une vingtaine) susceptibles d’avoir bénéficié d’avantages en échange de leur soutien au régime irakien. C’est le deuxième diplomate français, après Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, à intéresser le magistrat.Au total, huit autres personnes ont déjà été inculpées, dont Bernard Guillet, un ancien collaborateur de l’ancien ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, l’homme d’affaires Claude Kaspereit, la journaliste syrienne Hamida Na’Na, auteur d’une biographie de Tarek Aziz et le dirigeant irakien qui délivrait les agréments pour les ventes de pétrole. Le secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, Gilles Munier, est lui aussi inculpé. Le ministère français des Affaires étrangères a pris mercredi ses distances avec les anciens ambassadeurs Boidevaix et Mérimée, en soulignant que l’enquête dont ils faisaient l’objet portait sur “leurs activités privées, engagées après leur départ à la retraite”.Diplômé de l’Ecole nationale d’administration, Mérimée a été notamment en poste à Londres (1966-1972), Abidjan (1975-1978), à Rabat (1987-1991), à l’Onu (1991-1995) et à Rome (1995-1998). Depuis 1999, date des faits qui lui sont reprochés, il occupait à la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE) un poste de conseiller.Synthèse L’Economiste

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