Affaires

Remise sur les rails du projet de métro de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:1006 Le 27/04/2001 | Partager

. Cette fois-ci est peut-être la bonne... les élus devront trancher. Les options sont passées en revue, reste à répondre à: Qui, combien, comment, quand et de quelle manière? Après 15 minutes de tergiversations sur la langue à utiliser, la Communauté Urbaine de Casablanca (CUC) présente enfin le 25 avril les études préliminaires sur le projet de métro de Casablanca. Pour les habitués de l'hémicycle de la Willaya, ce ne sera que la énième fois qu'il ressort à l'ordre du jour. Pour les spectateurs qui sont aussi les acteurs, il est tant de trancher sur de nombreuses interrogations posées d'emblée par l'équipe qui a examiné les différentes options. Qui, comment, combien, quand et de quelle manière? Les élus ont la lourde responsabilité de trancher sur ce projet dont l'envergure dépasse le cadre de la simple métropole casablancaise. Il s'agit d'un projet national qui a du mal à voir le jour. Cela fait déjà 20 ans que les Casablancais l'attendent, à tel point que plus personne n'y croit réellement. Avec la panoplie d'études sur la question, les élus sont en principe face à leur responsabilité. La plus ancienne a été effectuée par des Japonais au milieu des années 80. Depuis, cinq autres études ont été réalisées dont la dernière date de juillet 2000. “C'est la manière dont le métro sera réalisé qui définira le coût final du projet et la part de l'Etat ainsi que celle de la CUC”, précise M. Hicham Smahi, inspecteur au Ministère de l'Intérieur. La balle est dans le camp des élus, ils ont tous les éléments pour asseoir une décision. Une chose est sûre, le coût minimum d'un métro à Casablanca est de 5 milliards de DH, selon les estimations les plus basses, soit le tiers du budget d'investissement de l'Etat. L'ensemble des différentes études a pu être financé sans apport de la Communauté urbaine, se félicitent les responsables. Cela n'a coûté aucun centime aux contribuables, rassurent-ils. Plusieurs options ont été exposées. Celle de Mitsui fixe le coût du projet à 5,36 milliards de DH est un système monorail japonais de type aérien en site intégral. Le Canadien Bombardier consiste à proposer un réseau de transport de masse avec un montage concessionnel. Celle-ci implique un volet souterrain au centre-ville, viaduc et surface sur d'autres zones de la ville. Le coût est de 5,1 milliards de DH. Le bureau d'études SNC Lavalin (Canada), lui, propose l'option d'un métro lourd sur site propre intégral sans désignation d'un fabricant spécifique de matériels. Le métro disposerait de 18 stations et serait estimé à 8 milliards de DH. Siemens a mis sur la table la même option avec la différence que l'option matériel est connue, c'est celle du constructeur. Le nombre de stations est fixé à 17 et le coût estimatif est de 9,5 milliards de DH. La dernière proposition est celle du tandem Bouygues-Alstom avec 10 stations. Elle retient aussi le schéma métro lourd sur site propre intégral avec désignation du fabricant de matériel, à savoir Alstom. L'option est en totalité souterraine. Elle est évaluée à 5,23 milliards de DH.Ces études restent toutefois insuffisantes pour lancer un appel d'offres pour la réalisation du projet. “Aucune de ces études n'est un avant-1projet détaillé”. Pour affiner les études, la CUC devra cette fois-ci puiser dans son budget. La nécessité du métro ne semble plus être une question d'actualité. Le trafic prévisionnel devrait avoisiner les 200.000 passagers d'ici 2006 avec des pointes horaires tournant à plus de 10.000 personnes. Ces études ont le mérite de valider une bonne fois pour toutes le corridor de passage dont le point de départ est la Mosquée Hassan II, Cité Jamaâ pour terminer à Sidi Moumen. Autre avantage, elles permettent de clore le débat sur le fait que c'est la nappe d'eau qui passe par Casablanca qui empêcherait la faisabilité d'un projet souterrain. Ce n'est pas le cas, l'argumentaire est réfuté. Vraisemblablement toutefois, on s'orienterait vers une solution mixte qu'il faudra valider. Les élus ont du pain sur la planche. Il faudra aussi décider si le projet sera réalisé en concession ou de manière classique et de façon à déranger le moins possible la vie de la grande cité économique.Globalement, en termes de timing, il faut environ deux années avant que les travaux ne débutent, puis 4 années pour que le métro soit opérationnel. Si la prise de décision est rapide, les premières rames ne rouleraient pas avant 2006.Fatima MOSSADEQ

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