Economie

Réforme du transport routier
La prime à la casse activée

Par L'Economiste | Edition N°:2773 Le 09/05/2008 | Partager

. 60 bénéficiaires seulement depuis l’ouverture des guichets. Modicité de la prime et défaut de garantie découragent les transporteurs Le ministre de l’Equipement et du Transport, Karim Ghellab, en avait fait la promesse. «Les guichets délivrant les subventions pour le renouvellement du parc de transport routier seront opérationnels dès le mois d’avril». Pari tenu. «La procédure pour l’encaissement de cette prime a bien été entérinée dans les temps en concertation avec le ministère de l’Economie et des Finances», indique-t-on au ministère de l’Equipement et du Transport.Problème. Les demandeurs ne se bousculent pas au portillon. «Depuis le 1er avril, une soixantaine de transporteurs seulement ont entrepris les démarches pour toucher la prime de renouvellement», informe Abderrahim Chennaoui, secrétaire général de la Fédération générale du transport sur routes et ports. Pourquoi? «La valeur de la prime de casse n’est pas attrayante», selon les professionnels. Pourtant, ce n’est pas faute de bonne volonté gouvernementale.Depuis la première mouture du texte de loi de 2006, encadrant l’octroi de la subvention pour le renouvellement du parc de transport routier, les services de Karim Ghellab ont négocié au coude à coude avec le département des Finances pour doubler la prime à la casse. Résultat: au titre de la loi de Finances 2008, cette prime est fixée pour les véhicules de transport routier de marchandises entre 90.000 et 130.000 DH, selon l’ancienneté des véhicules remis à la casse et leur capacité. Quant aux véhicules assurant le transport en milieu rural, ils bénéficient d’une prime allant de 35.000 à 45.000 DH selon les mêmes critères. En tout, la loi de Finances 2008 prévoit une enveloppe annuelle de 170 millions de DH, pour le financement de ces primes sur la période allant de 2008 à 2010. Au total, donc, un montant de 510 millions de DH pour renouveler un parc estimé à près de 7.000 véhicules rien que pour les plus de 20 ans. Est-ce suffisant? A supposer même que les transporteurs jouent pleinement le jeu. Pour l’administration, l’estimation a été établie sur la base «de simulations du parc existant». N’empêche que l’incitation du gouvernement demeure boudée par les professionnels. «La subvention accordée couvre à peine la TVA à supporter pour l’achat d’un véhicule neuf», révèle Chennaoui. Plus encore, «les propriétaires peinent à contracter des crédits pour financer l’achat d’un nouveau véhicule». Faute d’une garantie hypothécaire, ceci s’entend! A cet effet, le syndicat des transporteurs a proposé au gouvernement que la CDG garantisse les prêts octroyés aux transporteurs renouvelant leur parc. De même négocient-ils avec le gouvernement une prime de 200.000 DH pour un retrait définitif de la circulation.


Marché à prendre

Pour leur part, les constructeurs de véhicules, conscients de l’opportunité de ce nouveau marché, réfléchissent à des offres adaptées.Premier à avoir finalisé son packaging, Riad Motors Holding.Les détails de son offre, jalousement gardés, ont déjà séduit la Fédération générale du transport sur routes et ports, l’Association nationale de transport moderne, le Syndicat national des propriétaires de camions de transport urbain de marchandises et des élévateurs dans les ports urbains. L’équivalent de 500 à 600 véhicules que Riad Motors est assurée d’écouler. La convention liant ces syndicats à l’entreprise couvre la garantie des prêts contractés par les propriétaires renouvelant leur parc, en plus d’une garantie des pièces de rechange et du service après-vente pour une durée minimum de 10 ans. Mais l’argument qui fait mouche demeure sans conteste le prix, de 20 à 30% moins cher que la concurrence.Comment l’entreprise s’y prend-elle? Riad Motors importe de Chine des kits de véhicules partiellement montés. Une unité à Settat se charge de l’assemblage final. D’un investissement de 70 millions de DH, cette unité devrait être opérationnelle à partir de juin 2008. Sa capacité de production de départ serait de 500 véhicules qui doublerait au bout de cinq ans. R. H.

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