Economie

Réaménagement de Salé: La ville-dortoir se réveille

Par L'Economiste | Edition N°:1 Le 31/10/1991 | Partager

Plus que l'enveloppe de 500 millions de DH mobilisée pour le réaménagement de Salé, ce sont les méthodes qui retiennent l'attention. La ville des Corsaires est prise en charge par un comité, organe nouveau pour les programmes d'urbanisme.
Ce comité regroupe des représentants tant des organes locaux que de ministères. Il s'agit d'impliquer ceux qui interviennent au cours du processus de réhabilitation et d'éviter ainsi les phénomènes de pesanteur, voire d'obstruction que tel ou tel département peut provoquer par ignorance des tenants et aboutissants du programme.


Salé a longtemps été le symbole d'une civilisation urbaine, discrète et raffinée. La ville vivait jadis repliée sur elle-même, au point, dit la légende que ses portes étaient fermées en milieu d'après-midi à la prière d'Al Asr. Ironie de l'histoire, la ville allait s'ouvrir dans les années 70 à un flux incontrôlé de l'exode rural, et subir une expansion urbaine anarchique.
Les Slaouis réagissent, se mobilisent pour canaliser une manne étatique considérable.

Une juxtaposition de quartiers

Salé n'est pas une ville mais une juxtaposition de quartiers. Rabat étant limitée dans son périmètre urbain, Salé accueille l'exode rural de la région ainsi que les fonctionnaires de Rabat à revenu limité, et devient une "ville-dortoir". Son taux de croissance démographique avoisine les 6% par an. Ses habitants seraient près de 600.000.
Les moyens financiers de la ville sont limités; beaucoup de constructions sont non-réglementaires, l'assiette imposable est en conséquence faible. La faiblesse des recettes fiscales a pour conséquence celle des équipements publics qui entraîne une faiblesse des ressources... C'est le cercle vicieux des ressources-emplois limités qu'il fallait rompre.
L'Association Bou-Regreg a été créée en 1986 avec pour objectif l'étude des problèmes qui entravent le développement de Salé.

Elle a sollicité pendant cinq ans des mesures pour l'aménagement de la ville. Enfin en 1991, le département de l'Intérieur a réagi à la gravité du problème et un comité pour le réaménagement a été constitué. En plus des élus locaux et de parlementaires, il regroupe des personnes, hors des enjeux des électoraux. Il s'agit de membres de l'Association Bou-Regreg et des représentants de l'administration de tutelle.
Le comité a été chargé de sélectionner les projets proposés par les communes et de veiller au déroulement des travaux et à la qualité des équipements.
M. Fawzi Zniber, architecte et urbaniste, membre de ce comité, nous a confié que la commission d'architectes veille à ce que les règles d'art et de qualité soient respectées. Tous les travaux doivent donc passer par des bureaux d'études.

500 millions de dirhams seront débloqués

Le budget sera de 500 millions de dirhams. Il est destiné à la ville de Salé et aux communes de Bouknadel et Shoul. Il se compose des subventions étatiques, du produit de la Taxe sur la Valeur Ajoutée, des ressources propres des communes et enfin des emprunts auprès du fonds d'équipement communal.
L'aménagement de la ville a commencé à l'occasion des préparatifs de la visite du Roi Juan Carlos, et de la Fête de la Jeunesse en 1991. Différents travaux ont été effectués dont:
- l'aménagement des voies principales;
- des places et des carrefours;
- la restauration de la muraille-est de Bab Fès, et l'éclairage des murs;
- l'amélioration de l'éclairage public, d'une manière générale.

D'autres projets sont en cours de réalisation. Des appels d'offres ont été publiés. Les offres des entreprises étaient attendues au cours de ce mois d'octobre, pour que le 31 décembre débutent les travaux d'aménagement. Parmi les projets sélectionnés, nous pouvons citer ceux qui sont générateurs de recettes tels :
- un marché de gros;
- trois marchés de quartiers;
- l'aménagement des abattoirs;
- un centre d'estampillage de tapis.
D'autres projets à caractère socio-culturel tels la construction de trois maisons de jeunes, d'un complexe culturel à Dar El Baroud sont programmés.
Les équipements sportifs sont aussi présents avec la construction de quatre terrains de football et de deux salles omnisports couvertes.

Laïla Triki

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc