Economie

Rapport du Conseil supérieur de l’enseignement
Gros désastre sur le chemin du savoir

. Comment rompre avec le cercle vicieuxL’enseignement est-il irréformable et ingouvernable? Tous les maillons du système éducatif sont affectés... ça on le savait. Le rapport analytique du Conseil supérieur de l’enseignement, dont nous vous livrons aujourd’hui le détail en exclusivité, permet néanmoins de zoomer sur différentes dimensions de ces dysfonctionnements.L’étude, provisoire pour l’heure, devrait être validée lors des prochaines réunions du CSE dont une est prévue ce lundi. D’abord un constat: ce travail est d’une qualité remarquable. Il permet de mieux comprendre et peut-être aussi, du moins on l’espère, de rompre avec ce cercle vicieux, résultat d’une politique conduite depuis des années par plusieurs gouvernements. Ceux-là qui ont engagé le pays dans des choix discutables et pour lesquels notre enseignement en paye le prix aujourd’hui. La forte progression du budget depuis n’a pas enrayé l’effondrement de notre système éducatif. Le Maroc dépense plus mais fait moins bien que les voisins. Il ne faut pas se faire d’illusion, les efforts de l’Etat sont à leur maximum. Il ne suffit pas de dépenser plus mais mieux. Comparativement à sa richesse, l’effort du Maroc est à peu près le même que la France et un peu plus que celui du Portugal. Alors la réforme justement, par où commencer?Du gâchis un peu partout, et à toutes les échelles, dans les budgets que concentre essentiellement la masse salariale, dans la mauvaise gestion des charges horaires des enseignants, dans ces incohérences linguistiques, dans les programmes, les manuels dont la plupart sont désastreux, sans cohérence entre les matières, dans une pédagogie dépassée, dans un enseignement supérieur en entier déphasage par rapport au marché de l’emploi.Lorsqu’on découvre que les élèves à leur sortie de la 4e année de l’enseignement primaire ne savent ni lire ni comprendre, comme en témoignent les faibles performances du Maroc à l’issue de l’enquête PIRLS (le Maroc est classé avant-dernier), l’on réalise mieux pourquoi l’une des pistes qui pourraient être préconisées par le CSE serait celle du retour aux fondamentaux (cf. www.leconomiste.com). Une situation grave dont les conséquences s’observent déjà.Du coup, on rentre au collège sans que les rudiments de base ne soient acquis. Il semble bien que ce chantier soit un des préalables. Tout comme les questions de gouvernance, de décentralisation, de déconcentration... Gageons que la large concertation qui est prévue à l’issue de cette étape de diagnostic va dégager rapidement un plan de travail avec un agenda précis. Et de toutes les manières, on ne peut s’en priver au risque de compromettre l’avenir de ce pays. Mohamed Benabid

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