Culture

Pour apaiser son spleen, Claude Poirier traverse l'Afrique

Par | Edition N°:986 Le 30/03/2001 | Partager

Sixième et dernier épisode: Le retour. Résumé des épisodes précédentsAprès avoir traversé l'Afrique du Sud, le Botswana, le Zimbabwe et la Zambie, Kali et Claude sont obligés de se séparer. Ce dernier passe en Tanzanie pour trouver une solution. N'ayant rien obtenu, il rebrousse chemin pour rejoindre son compagnon.Arrivé à la frontière, Claude retrouve Kali malade. Ils repartent pour Lusaka (capitale de la Zambie) et chemin faisant, ils apprennent par la radio qu'une guerre a éclaté entre l'Ethiopie et l'Erithrée et que les rebelles soudanais ont bombardé des populations civiles. En d'autres termes, si Kali n'était pas resté bloqué en Zambie, ils auraient fini en plein champ de bataille. «Là encore, c'est Dieu qui a décidé qu'on n'ira pas plus loin«, estime Claude. A Lusaka, Kali obtient un nouveau passeport et en plus du visa sud-africain, celui de la France. Pour ne pas emprunter la même route qu'à l'aller, ils décident de passer par la Namibie. Au poste frontière, les douaniers refusent le passage à Kali: sans visa, impossible de passer. Il faut donc attendre l'autorisation du service de l'émigration namibien. Chaque jour, les douaniers leur promettent une réponse. Le huitième jour, la décision tombe: «Niet!« C'est à partir de là qu'ils se séparent, après cinq mois passés ensemble. Claude passe en Namibie et Kali reste en Zambie.Traversant la Namibie tout seul, Claude contemple des paysages merveilleux: 65 km de dunes les plus hautes du monde et Sossusvlei (l'une des 30 merveilles naturelles de la planète). Arrivé en Afrique du Sud, Claude rencontre le président de l'association des Maliens du Cap qui lui apprend que Kali a réussi à traverser la Namibie à pied et se trouve à Johannesburg.Huit jours de tourisme pour Claude, pendant lesquels il fait la connaissance d'un couple polonais organisant des safaris en Afrique du Sud, puis visite le Cap de Bonne Espérance (son objectif initial). «Quand j'ai atteint le bout de l'Afrique, j'ai pleuré de joie«, reconnaît-il.Il était maintenant temps de rentrer. Un matin, il contacte la compagnie de navigation qui l'avait transporté de Libreville au Cap. «Ton périple est tellement fou que je t'offre le voyage«, lui lance le directeur de la compagnie. Et c'est ainsi que Claude, ses chiens, sa caravane et son 4x4 embarquent gratuitement pour Libreville, le soir même. Le cargo a, en cours de route, fait escale en Angola et en RDC (ex-Zaïre), les deux pays que Claude n'a pas pu traverser. Trois semaines en mer, puis arrivée à Libreville. Là, il retrouve son amie Corinne, avec qui il reste un mois. Par la suite, il embarque à bord d'un cargo de la compagnie française Delmas à destination du port de La Rochelle en France. Ce voyage est lui également offert par la compagnie.Vingt jours plus tard environ, le 13 juin 2000, Claude est sur le sol français. A peine trois heures après son arrivée, la boîte à vitesses lâche encore une fois. Alors avoir été réparée la première fois en Tanzanie en trois jours pour 75 dollars US (650 FF), dans un garage pourri, en France, l'opération lui a coûté 4 mois et 28.000 FF. Pendant ce temps, Claude assure que plus rien ne marche. A chaque fois qu'il tente de réaliser un projet, tout s'effondre autour de lui. Conclusion: «L'Europe ne me convient plus, l'Afrique me porte chance, je repars!« décide-t-il.Pour Claude, Rabat est la plus belle capitale d'Afrique. Il décide donc de s'y installer. «Si Dieu le veut, mon ambition est de faire le tour du monde en caravane«, précise-t-il. Il n'est pas du tout exclu qu'il travaille pour un tour-opérateur, en organisant des safaris grâce à ses contacts en Afrique. Toujours est-il, l'idéal pour lui serait de trouver un sponsor afin de continuer ses périples ou éventuellement créer sa propre entreprise. Il n'est pas jeune, mais il a beaucoup de talent.Abdelmohsin EL HASSOUNI

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