Culture

Pour apaiser son spleen, Claude Poirier traverse l'Afrique

Par | Edition N°:982 Le 23/03/2001 | Partager

. Cinquième épisode: La séparation. Résumé des épisodes précédentsClaude réussit, avec beaucoup de chance, à passer au Gabon. Il y fait la connaissance de Corinne. Cependant, il est impossible de passer par la RDC et l'Angola pour atteindre le Cap. Il décide alors d'embarquer sur un bateau.Huit jours plus tard, ils atteignent la ville du Cap. Claude s'attend à ce que ses chiens soient mis en quarantaine ou que Kali soit refoulé car n'ayant jusque-là aucun papier. Les douaniers sud-africains ne disent rien pour les chiens. Kali, grâce aux Ambassades de France et du Mali à Pretoria (Afrique du Sud), règle complètement sa situation (passeport, visa, etc.). Alors que depuis le Maroc, les papiers de Nadrêva et Charly n'avaient posé aucun problème, en Afrique du Sud, les douaniers exigent un carnet de passage en douane pour que les véhicules puissent quitter le port. Ils sont restés bloqués, au milieu des grues et des machines, pendant trois semaines. Tout en continuant à vivre dans la caravane, les bourlingueurs peuvent circuler librement en ville. Un jour, en allant faire ses courses, Claude se fait attaquer par une bande qui lui subtilise sa montre et 1.500 FF.Une fois le problème des véhicules réglé, ils quittent l'Afrique du Sud sans passer voir l'endroit où s'arrête la terre africaine: le Cap de Bonne Espérance. Ils se dirigent donc vers le Botswana. A la frontière, ils trouvent un douanier sympathique qui laisse Kali passer sans visa à condition qu'il régularise sa situation à Gaboronne (capitale du Botswana). Citoyen français, Claude n'a pas ce genre de problèmes.. Trois heures de négociations vainesIls traversent rapidement le Botswana en direction du Zimbabwe. A la frontière, même problème de visa pour Kali, mais les policiers zimbabwéens le laissent passer. Ils traversent les Victoria Falls (Chutes de Victoria). «Des chutes extraordinaires!« dit Claude.Après le Zimbabwe, les voyageurs prennent la direction de la Zambie. Les douaniers zambiens sont catégoriques: pas question que Kali passe sans visa! Ils sont donc refoulés et tentent de passer par un autre poste frontière. Là, ils trouvent un autre douanier qui, après avoir écouté leur histoire, leur dit: «No problem, you pass tomorow!« Et effectivement, le lendemain matin, ils rentrent en Zambie.Arrivés à Lusaka (capitale de la Zambie), ils vont à l'Ambassade de la Tanzanie pour obtenir les visas. Encore une fois, Kali est persona non grata. Les diplomates tanzaniens refusent de lui délivrer un visa. Imaginant que les choses vont s'arranger comme dans les autres pays, ils décident de se diriger directement vers la frontière tanzanienne. Trois heures de négociations vaines. Claude a beau supplier les douaniers, ces derniers restent intraitables: «Pas question qu'un Malien entre en Tanzanie!« lui répètent-ils. Et pour la première fois, les deux hommes se séparent. Claude laisse de l'argent à Kali et pénètre en Tanzanie pour essayer de résoudre ce problème à Dar Essalam (capitale de la Tanzanie). Au cours du voyage vers Dar Essalam, la boîte à vitesses de Charly, la 4x4, casse. Claude réussit pourtant, au bout de 500 km, à rejoindre un garage où il reste coincé trois jours. La veille du week-end de Pâques, il arrive à Dar Essalam. Le consulat de France est fermé. Sans attendre, il part pour Arusha, une ville tanzanienne à 600 km de la capitale où habite le consul honoraire français. Une semaine s'est écoulée depuis qu'il s'est séparé de Kali. A Arusha, Claude rencontre un groupe d'avocats venus de France dans le cadre du procès relatif au génocide rwandais qui se déroule au Tribunal Pénal International (TPI) d'Arusha. Après s'être fait passer pour un avocat, Claude fait la connaissance du directeur général du TPI d'Arusha. Il lui raconte toute son histoire et lui demande de faire quelque chose pour Kali, qui attend en Zambie depuis plus d'une semaine. «Ça tombe bien, je connais le patron du bureau de l'immigration en Tanzanie!« le rassure le directeur du TPI. Claude reçoit la réponse quatre jours plus tard: un niet catégorique. Les Tanzaniens ne veulent rien entendre. Claude qui parle régulièrement à Kali apprend qu'il est malade et qu'à défaut d'argent, l'hôpital refuse de le soigner. Pire, des Zambiens lui ont volé son passeport tout neuf obtenu en Afrique du Sud. Claude a deux options: soit terminer son périple comme il l'avait prévu (c'est-à-dire via le Kenya, l'Ethiopie, le Soudan, l'Egypte…), soit rebrousser chemin et rejoindre Kali pour voir le fameux Cap de Bonne Espérance. Il opte, en fin de compte, pour la deuxième solution.Abdelmohsin EL HASSOUNI. Vendredi prochain: Le retour

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