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mercredi 23 avril 2014,
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Poulpe: La pêche est ouverte dans la zone sud

   
. Le nouveau quota fixé à 12.000 tonnes . Mais le risque de prise des juvéniles demeure entier. Nécessité d’harmoniser la gestion et le cadre réglementaire LA pêche au poulpe est ouverte à partir d’aujourd’hui 1er juillet dans la zone comprise entre Cap Boujdour et Lagouira. Le quota initial a été fixé à 12.000 tonnes au lieu de 10.000 la saison passée. «L’augmentation se justifie par la biomasse qui s’annonce bonne», affirme Zakia Driouich, directrice des pêches maritimes et de l’aquaculture auprès du département du même nom. Mais encore faut-il préciser qu’il s’agit d’un quota pour la période d’été dont la durée n’est pas déterminée d’avance. Car, tout dépend des investigations de l’Institut national des ressources halieutiques (INRH) qui procède périodiquement à des évaluations de la pêcherie. Seulement en cas d’évaluation défavorable, l’arrêt de la pêche au poulpe n’interviendrait qu’après épuisement du quota. Ce dernier a été réparti à raison de 7.560 tonnes pour le segment hauturier, 1.320 pour la pêche côtière et 3.120 tonnes pour la flotte artisanale basée à Dakhla. Selon les professionnels, même si cette répartition ne répond pas tout à fait à leurs besoins, elle les met toutefois à l’abri des contingences du fait qu’elle offre une certaine transparence. S’agissant des tolérances admises, la capture du poulpe de taille 8 est fixée à 7%. Cela concerne bien évidemment les zones soumises à quota. Pour les autres pêcheries, les volumes prélevés dépassent de loin les seuils autorisés. A titre d’illustration, les quantités de céphalopodes pêchées l’année passée ont culminé à quelque 36.120 tonnes, rien que pour les segments artisanal et côtier. Sur ce tonnage, le poulpe a représenté 30.720 tonnes. Le reste est constitué de calmar (2.000 tonnes), de seiche (3.000 tonnes) et divers céphalopodes (400 tonnes). Si bien que l’année passée qui a été jugée déficitaire pour les pêcheries contingentées, les quantités de céphalopodes pêchées ont enregistré un bond de 35% en comparaison avec la campagne précédente. Evolution qui n’intègre pas les prises de la pêche hauturière. Chiffre qui n’est pas disponible auprès de l’Office national des pêches dont la mission se limite à comptabiliser les débarquements des segments artisanal et côtier. Il faut dire aussi que les quotas sont de deux sortes: une pour la période d’été et l’autre pour la saison d’hiver. Or, faute d’indications précises, on ne peut préjuger ni de l’importance des prélèvements ni du niveau de réalisation des quotas. Ce qui est sûr, c’est que le poulpe est soumis à une forte pression aussi dans les zones du sud, qu’en Atlantique nord ou en Méditerrannée. Pour rappel, cette espèce céphalopode a de tout temps fait l’objet de pêche illicite selon ses diverses manifestations. Prises et débarquement de poisson juvénile, circuits informels, pêche en zones et périodes interdites, le lot des infractions s’allonge aussi pour s’étendre aux stockage, conditionnement et transport. A telle enseigne que la campagne menée par le département de la Pêche, en novembre 2006, avait permis de verbaliser et de sanctionner plusieurs usines. S’appuyant sur la réglementation en vigueur, cette campagne avait ciblé l’évaluation des stocks détenus par les unités de congélation et les entrepôts frigorifiques. Résultat, nombreux les industriels inspectés qui n’ont pu justifier l’origine des quantités de poulpe qu’ils possédaient. Suite à cette campagne, indique-t-on auprès du département de tutelle, l’effort qui était concentré sur le contrôle des débarquements est actuellement étendu au stockage, à la commercialisation et à l’exportation de poulpe n’ayant pas encore atteint la taille autorisée. Seulement, des dysfonctionnements existent entre les dispositions réglementaires et la réalité de la pratique de pêche. Car si, la taille commerciale (T8) bénéficie d’un seuil de tolérance de 5 à 10% dans la zone comprise entre Cap Boujdour et Lagouira, celle-ci n’est pas considérée comme juvénile dans le reste du littoral national. Du coup, les usines peuvent disposer de poulpe acheté légalement auprès des halles aux poissons. Ce qui ouvre grande la porte à la pêche et au débarquement de juvéniles. D’où la nécessité d’une harmonisation des mesures de gestion de cette pêcherie et de son cadre réglementaire.A.G.