Economie

Pollution: Casablanca remporte la palme

Par L'Economiste | Edition N°:3246 Le 02/04/2010 | Partager

. Contamination des eaux de surface et souterraines. 90.000 tonnes de déchets industriels déversés sans traitement . La promotion immobilière fait pression sur les espaces préservés Casablanca, capitale de l’économie et surtout de la pollution. Air, eau, assainissement …tout va mal. Le rapport sur la situation environnementale de la région du Grand Casablanca est accablant. Les élus, entreprises privées et publiques sont appelés à réagir. La région est menacée, notamment ses eaux. «Les eaux de surface présentent une qualité généralement dégradée», est-il indiqué. Les mesures relevées au niveau des stations situées sur Oued Hassar et le barrage du même nom sont de mauvaise qualité. Idem pour les oueds Bouskoura (Nouaceur) et El Maleh (Mohammedia). Les rejets des eaux usées provoquent une pollution de plus en plus grave sous la pression de l’industrie et de la démographie. «Les eaux souterraines au niveau de la région, représentées par les nappes de Berrechid et la Chaouia, sont aussi de mauvaise qualité», souligne le rapport. C’est pourquoi le délégataire de la distribution d’eau conseille d’éviter les eaux des puits pour un usage domestique. Ce ne sont pas seulement les eaux qui sont polluées. Les zones humides de Hay Hassani et Mohammedia sont très dégradées à cause du dépôt sauvage de déchets. Là, les autorités locales n’assument pas leur mission, celle d’appliquer la loi et de sanctionner les contrevenants, industriels ou particuliers. La gestion des déchets pose aussi de sérieux problèmes à l’environnement. La délégation de ce service à des sociétés privées n’a pas résolu les difficultés: infiltration du lixiviats et contamination des eaux souterraines. Un volet dont la mairie a fait sa priorité depuis 2002. Ainsi la gestion de la décharge de Médiouna a été confiée Ecomed, une société américaine. La décharge devrait être fermée d’ici quelques temps. Une nouvelle décharge contrôlée reprendra le relais. L’autre préoccupation des autorités locale, la gestion des déchets verts, l’utilisation de terrains vagues comme dépotoirs et les déchets hospitaliers. Le secteur hospitalier en produit chaque année un peu plus de 1.000 tonnes. Le secteur industriel, à lui seul, produit plus de 90.000 tonnes. Ni les déchets des hôpitaux, ni ceux des usines ne sont traités. Il y a absence total des unités de traitement. La charte de l’environnement, sans des dispositifs parallèles, est-elle capable de mettre fin à cette dégradation continue? Les experts en doutent. Le recyclage informel des déchets constitue aussi un véritable casse-tête. En matière d’assainissement, Casablanca n’est pas mieux lotie. Le rapport note l’absence du raccordement au réseau d’assainissement dans certaines zones de la région. Résultats, les rejets domestiques ou industriels se font dans la nature. A noter que 2.689 unités industrielles n’entreprennent aucun effort de limitation de leurs effluents et de leur traitement. Seules quelques usines de Sidi Bernoussi ont adhéré à un programme de coopération internationale visant à protéger l’environnement (cf.www.leconomiste.com). La situation se complique davantage en raison de l’absence de stations d’épuration. Toute la région ne dispose que de deux stations, une de prétraitement fonctionnel à Casablanca Ouest El Hank avec un émissaire en mer de 3,6 kilomètres. L’autre appartient à l’Office national des aéroports (ONDA) mais n’est pas en fonction pour cause de saturation. Casablanca, en concentrant les deux tiers des unités de production, dispose de 10 collecteurs urbains et industriels qui déversent leurs rejets en mer et sans aucun traitement. Ce déversement direct des eaux usées industrielles en milieu marin a impacté le stock halieutique. Il a engendré également la dégradation de la qualité des eaux de baignade au niveau des Roches noires jusqu’à Mohammedia, en particulier les plages de Sidi Bernoussi et Aïn Sebâa.


Pillage de sables

Les plages souffrent par ailleurs du prélèvement illicite des sables. Conséquence, recul marqué des plages à Sidi Bernoussi et Aïn Harrouda. La promotion immobilière a sa part dans la dégradation de l’environnement. Elle exerce sa pression sur les espaces réservés à Dar Bouazza et à Mansouria où se multiplient les lotissements balnéaires. Le littoral de la région n’est plus, non plus, dans un état meilleur. La ville de Mohammedia, par exemple, reçoit deux bassins versants, oueds El Mellah et Nfifikh dont la partie estuarienne est transformée en émissaire à ciel ouvert qui draine les eaux urbaine et industrielle. «Celles-ci chargées en contaminants organiques et inorganiques, notamment les métaux lourds», indique le rapport. Les industries comme la chimie, la parachimie, électrochimie et raffinerie y déversent leurs charges.Ali JAFRY

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