Affaires

Piscines: Un marché en pleine expansion

Par L'Economiste | Edition N°:2603 Le 05/09/2007 | Partager

. Forte croissance depuis 5 ans. Les groupes étrangers surfent sur la vague . Un rêve inaccessible pour beaucoupUn véritable chantier! Les résidences de villas poussent comme des champignons et les complexes touristiques se multiplient à travers tout le Maroc depuis quelques années. Ce boom de l’immobilier fait bien évidemment l’affaire des spécialistes de la piscine (fabricants et constructeurs). En effet, pratiquement chaque villa construite aujourd’hui a un plan avec un jardin équipé d’une piscine. De plus, les particuliers sont de plus en plus nombreux à installer une piscine à domicile. «Lorsque l’on voit la somme qu’il faut débourser pour acquérir une résidence secondaire, les propriétaires préfèrent opter pour la piscine», analyse Zouhair Metougui, directeur général de Badecom, basée à Rabat. Autre raison: la culture du loisir s’est progressivement imposée dans la société marocaine. «Les Marocains recherchent plus qu’auparavant confort et plaisir. De nombreux parents souhaitent aussi construire une piscine pour occuper leurs enfants l’été lorsqu’ils travaillent», souligne Houda Hafa, gérante de Piscines et Loisirs, entreprise casablancaise et franchise du français Magiline. Malheureusement, aucune statistique ne recense le parc des piscines privées dans le pays, mais les résultats des spécialistes de ce secteur sont sans équivoque. Le chiffre d’affaires de Piscine et Loisirs a été multiplié par 5 entre 2005 et 2007. Waterair, parmi les leaders depuis 30 ans de la piscine en kit en Europe, a quant à elle enregistré une croissance de son activité de 20% depuis l’année dernière. L’entreprise a installé pas moins de 500 piscines au Maroc depuis 2001. Sa concurrente Badecom n’est pas en reste puisqu’elle a multiplié par 2 son chiffre d’affaires en trois ans.Quelles piscines construit-on au Maroc? La piscine se décline selon deux modèles: traditionnelle réalisée en béton ou industrielle dite «en kit». La piscine traditionnelle en béton reste encore la plus en vogue. Seulement 30% des piscines installées aujourd’hui au Maroc sont des bassins en kit, mais cette part tend à augmenter. 4 ou 5 grands groupes étrangers, tels Desjoyaux, Waterair, Soléo piscines ou encore Magiline, se partagent la part du lion. Les éléments en kit sont importés de l’étranger (France notamment) et ensuite installés par la filiale au Maroc. Les «piscines toutes faites» sont les favorites des promoteurs immobiliers pour les résidences de villas. Les contrats sont signés à la pelle. Waterair a, par exemple, été choisie pour construire 64 bassins dans des villas de luxe à Marrakech. Piscines et Loisirs a équipé 30 villas dans un lotissement à Californie (Casablanca). Cette même entreprise est en train d’en construire 30 à Central Park (Bouskoura) et 48 à Rimini (Aïn Diab). Si ce sont surtout les promoteurs qui choisissent ce type de piscine, les particuliers sont aussi de plus en plus nombreux à opter pour cette solution. « Les propriétaires privés qui s’adressent à nous recherchent la fiabilité et un service après-vente de qualité. Pour chaque piscine construite, nous offrons un contrat de garantie de 20 ans», souligne François Evrard, directeur commercial de Waterair Maroc. L’appréhension de voir débarquer pelleteuse, bétonnière et autres machines de construction pour plusieurs mois pousse les propriétaires à choisir les «piscines toutes faites». 15 jours de travaux pour une piscine en kit contre 2 à 3 mois pour une construction de type artisanale. Propriétaires et promoteurs ont les mêmes attentes: la rapidité.Qu’ils préfèrent la piscine artisanale ou en kit, les Marocains ne font pas des extravagances. En effet, la simplicité reste de mise. La majorité des piscines construites adoptent une forme carrée ou rectangulaire. Néanmoins, simplicité ne rime pas avec économie. « Au Maroc, la piscine ne s’est pas encore démocratisée comme en Europe, elle reste réservée à une clientèle aisée », note Evrard. Quel que soit le type de piscine, le premier prix avoisine les 70.000 DH. Pour une piscine moyenne, il faut débourser entre 120.000 et 150.000 DH selon les entreprises. A cela s’ajoute l’entretien du bassin. Il vous en coûtera environ 1.500 DH par an pour une piscine de 80m3. Un luxe qui n’est pas encore à la portée du Marocain lambda. Mais peut-être l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché pourra faire jouer la concurrence et par conséquent engendrer une baisse des prix.


Flou juridique

«Une personne qui souhaite construire une piscine privée doit obtenir un permis de construire de sa commune»: l’employé de l’Agence urbaine de Casablanca est formel. En effet, un particulier désirant s’équiper d’une piscine -si elle n’apparaît pas sur les plans d’origine de la propriété- doit établir un plan auprès d’un architecte et demander une autorisation à sa commune avant d’entreprendre les travaux. Or, dans la réalité, les propriétaires sont souvent négligents. Très peu de personnes entreprennent les démarches, pourtant obligatoires. De plus, il semble que pour les piscines en kit, ne s’agissant pas d’une construction en béton, aucune autorisation n’est requise. Du point de vue sécurité, c’est le vide juridique. Contrairement à la France où la construction d’une piscine est fortement réglementée, au Maroc, il n’existe aucune loi imposant des normes de sécurité pour éviter les noyades (alarmes, barrières de sécurité, etc.).


Fini le chlore?

. Un produit d’entretien écologique sur le marché. Près de 200 personnes déjà séduitesSus aux allergies, à l’odeur désagréable et aux yeux rouges en sortant de la piscine! La société casablancaise Pisciclean, créée en juillet 2007, vend Ecoswim, un produit breveté et importé de France pour l’entretien des piscines. Sa particularité? L’oxygène actif remplace le chlore. Le créateur de l’entreprise, Abdelghani Khbir, a eu le nez fin. En effet, les propriétaires de piscines au Maroc sont de plus en plus soucieux de leur santé. Pour preuve, en un mois et demi d’existence, l’entreprise casablancaise comptabilise déjà près de 200 clients. Parmi eux, des particuliers, des hôtels de luxe et aussi un club de sport. Un complexe sportif à Casablanca vient de débourser 50.000 DH pour entretenir sa piscine de 500 m3 avec le procédé durant un an. «Confort, santé et sécurité du client» ont orienté le choix des propriétaires du club. «Dans 95% des piscines privées marocaines, le gardien est chargé de l’entretien. La tâche est souvent ardue et réalisée sans précaution. Les produits de traitement de l’eau – chlore, autorégulation du PH, anti-algues, etc. – sont nombreux et leur fréquence d’utilisation différente. Le concept novateur d’Ecoswim c’est de réunir 7 produits en un, à renouveler toutes les 3 semaines», souligne Abdelghani Khbir. A noter qu’un particulier doit tout de même débourser 550 DH toutes les trois semaines pour une piscine de 80m3. Mais à ceux qui lui parlent de coût, le jeune entrepreneur leur rétorque: «la santé n’a pas de prix». Des débuts prometteurs donc pour cette entreprise, dont les dirigeants se sont donné un an pour se faire connaître et commercialiser leurs produits qui se déclinent sous 7 formes (piscines, piscinettes, spa, aquarium, etc,). L’objectif ambitieux, en 2008, est de fabriquer au Maroc ce produit. L’époque du chlore serait-elle révolue? Si la concurrence est aujourd’hui quasi-inexistante, elle risque de s’amplifier avec la croissance du marché de la piscine. Badecom a déjà investi ce créneau. Cette entreprise d’installation de piscines basée à Rabat propose une «piscine naturelle», un concept également importé de France. «A l’heure actuelle, les gens sont de plus en plus exigeants vis-à-vis de leur santé et du respect de l’environnement. Il suffit pour cela de voir le boom des produits bio», explique Zouhair Metougui. Les écolos devront tout de même être patients, car, pour barboter dans de l’eau de source, il faut attendre un an de traitement. Sarah Caillaud

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