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mardi 21 octobre 2014,
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Pêche: Safi teste les récifs artificiels

   
. Une expérience inédite pour développer la reproduction de poissons. Une première phase concluante
L’expérience est unique au Maroc! Safi lance, aujourd’hui, la deuxième étape de son projet d’immersion de récifs artificiels. Une opération menée dans le cadre de la coopération halieutique entre le Maroc et le Japon.Créer de nouvelles zones de pêche, augmenter la production et doper les revenus des pêcheurs sont les objectifs principaux du projet. Sans oublier une dimension environnementale, car il s’agit de préserver les pêcheries artisanales contre le chalutage illicite et promouvoir une gestion durable des ressources de la pêche.La première phase du projet a été initiée il y a un an. Des récifs artificiels ont été immergés à sept milles marines du village de pêcheurs de Souiria K’dima, à 19 à 27 mètres de profondeur sur une superficie de 4 km2. Cette première phase a nécessité un investissement de 510.000 DH. A partir de cette période, la pêche a été interdite dans la zone des récifs. Un suivi a été opéré par l’Institut national de recherche halieutique. «Les premiers résultats sont satisfaisants. On a déjà pu constater une augmentation de la production et les marins sont à présent demandeurs», indique Mohamed Boujguenna, délégué des Pêches maritimes à Safi. Pour preuve, entre 2008 et 2009, la production halieutique est passée de 1.074,412 à 1.465,046 tonnes. En valeur, il s’agit d’une augmentation de 7 millions de DH. La deuxième étape du projet consiste à empoissonner cette zone avec une espèce maritime devenue rare: le loup. Ce poisson très demandé par les restaurants est l’un des plus chers du marché. «40.000 larves de loup de 30 mm ont été préparées au centre spécialisé d’aquaculture de l’INRH à M’diq. La ponte date de février de cette année et la période d’élevage a duré six mois», poursuit Boujguenna. Elles vont être amenées à Souiria Kdima par un camion spécialisé dans le transport des alevins vivants. L’opération, qui va se dérouler aujourd’hui, comprend deux étapes: deux récifs flottants vont être placés dans la zone d’immersion pour servir d’abri aux jeunes loups et ensuite les alevins vont être déversés tout près de ces deux récifs. Les écoles participent à la cérémonie, «car c’est une occasion pour sensibiliser les enfants de la commune à la gestion durable des ressources halieutiques», poursuit le délégué de la Pêche maritime. La prochaine étape du projet qui va démarrer dès le mois prochain est une extension des récifs artificiels. 260 blocs anti-chalutage qui sont en cours de construction vont être immergés à partir de maintenant et jusqu’à septembre prochain.
Récifs

POUR rappel, un récif artificiel est une structure immergée volontairement à des fins d’étude scientifiques, de protection physique d’un lieu, de production halieutique ou encore de loisir. On trouve des récifs de production, qui sont de véritables «maisons à poissons», créateurs de diversité et de biomasse. Il y a les récifs de protection qui sont conçus pour constituer des obstacles physiques au chalut, par une action mécanique d’accroche, en disposant les modules un à un en ligne afin d’occuper un maximum d’espace et de former une barrière contre les chalutiers. Enfin, les récifs paysagers ont un but plus récréatif et ludique et sont utilisés pour la plongée sous-marine.Marie-Noëlle RASSON