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Partenariat industrie-université : Des mini-stations d'eau potable pour le rural

Par | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager


Des stations compactes pour la potabilisation de l'eau (SCP), selon les normes édictées par l'OMS, sont en cours d'introduction au Maroc. L'objectif est de permettre l'accès à l'eau potable aux communautés rurales souvent isolées et éloignées des réseaux de distribution. Cette démarche est effectuée par le groupement composé de la société AIARE (Ingénierie, Assistance, Représentation et Etudes), dirigée par M. Aziz Tayeb Alaoui, Somodelco (Société Moderne d'Electricité et de Construction), dirigée par M. Hamid Akheraz, et le Centre de Recherche de l'Environnement de l'Ecole Mohammadia des Ingénieurs.
Ces stations ont été conçues et développées par la société française SATTE (Société d'Assistance Technique de Traitement des Eaux) que représente au Maroc AIARE.
Aujourd'hui, "compte tenu de notre partenariat, nous constituons à la fois un bureau d'études, d'ingénierie et de technicité dans le domaine de l'eau. A terme, notre objectif est de prendre entièrement en charge les essais, la fabrication et la mise en application des procédés des SCP". Le groupement assure actuellement la sous-traitance, l'assistance technique et la maintenance locales.

Accord de principe


Des démarches ont été effectuées auprès de l'ONEP à travers des séminaires de sensibilisation "au cours desquels nous avons recueilli des avis favorables". A cela s'ajoutent les lignes de crédit débloquées pour le traitement de l'eau par la France lors du voyage du Président français, dont un don. Un accord de principe pour le financement de 10 à 15 stations a donc été passé auprès du chargé des affaires économiques de la Mission économique française et chargé des relations avec l'ONEP, la Direction de l'Hydraulique et les collectivités locales. A charge pour le groupement, en collaboration avec l'ONEP, de définir les lieux d'implantation et réaliser toutes les études nécessaires afin de démontrer la fiabilité et la faisabilité des stations.
Celles-ci sont destinées à la production d'eau potable à partir d'eau de surface ou d'eau souterraine non saumâtre. Ainsi, l'eau pompée subit un certain nombre de traitements. Il s'agit, selon la nature de l'eau, de la filtration qui consiste à éliminer les matières en suspension, de la décarbonisation, de l'adoucissement (pour supprimer la dureté de l'eau). Et, quelle que soit sa nature, une fois traitée, l'eau subit une stérilisation par l'utilisation du chlore. Intervient ensuite l'envoi sous pression de l'eau dans les circuits.

Ces stations présentent, selon les membres du groupement, un certain nombre d'avantages. Il s'agit entre autres du coût qui demeure "nettement inférieur à une station classique en béton armé, le génie civil étant moins important que pour une station traditionnelle. Il suffit de prévoir une simple dalle de support".
Ces stations, à la suite d'une pollution d'eau déclarée par exemple, présentent également l'avantage de pouvoir être transférées sur un autre site.
Par ailleurs, la réalisation d'une SCP dure environ deux mois. Compte tenu du transport, une station compacte peut être opérationnelle trois mois après la date de la commande. Dès son arrivée sur le site, une SCP ne nécessite que les raccordements électriques et hydrauliques pour être opérationnelle.

Installation autonome


Autres avantages, une augmentation de capacité peut être aisément obtenue par simple adjonction, dans un temps très court, d'unités nouvelles. De plus, pour des villages ne disposant pas de source d'électricité, un petit groupe électrogène est suffisant pour alimenter une installation.
La gamme standard comprend une série d'unités de traitement pour une plage de débit allant de 2,5 à 180 m3/h. Sur la base d'une consommation de 50 litres par jour et par habitant, ces stations permettent l'alimentation en eau potable et sanitaire de 1.000 à 72.000 habitants. La teneur en matières de suspension de l'eau brute acceptable sur ces unités doit être inférieure à 500 mg/l.
Une SCP de 50 m3/h coûterait près de 5 millions de DH.
Enfin, voulant fournir un projet clés en main complet, le groupement envisage d'intégrer au niveau des stations certains systèmes d'épuration des eaux usées qui peuvent être réutilisées au niveau de l'irrigation agricole, par exemple.

Meriem OUDGHIRI.

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