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Ouarzazate: Un paysage urbain totalement décalé

Par | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
Gros déficit en matière d’infrastructures
La ville se cherche une nouvelle stratégie

La région de Ouarzazate dispose d’un patrimoine particulier qui n’existe nulle part ailleurs et qu’il s’agit de préserver de la dégradation. Sur la photo, la casbah de Taourirt, un lieu riche en histoire

«L’AMÉLIORATION du paysage urbain du Grand Ouarzazate» a été le thème de la journée de réflexion qui a été organisée récemment dans cette ville. Une rencontre initiée par les autorités locales, Al Omrane Agadir et l’agence urbaine.
Le constat est que la région de Ouarzazate dispose d’un patrimoine particulier qui n’existe nulle part ailleurs et qu’il s’agit de préserver de la dégradation. Dans ce sens, le cas de la casbah de Taourirt a été présenté à l’aide de diapositives et photos datant de plusieurs époques pour démontrer comment, grâce à la restauration effectuée par le Centre de restauration et de réhabilitation des zones atlasiques et subatlasiques (Cercas) depuis plusieurs années, ce monument architectural a gardé toute sa splendeur jusqu’à aujourd’hui.
Concernant l’aspect urbanistique de la ville durant les trois dernières décennies, Abdelaziz Didi Hassan, directeur de l’agence urbaine de Ouarzazate-Zagora, a diagnostiqué les dysfonctionnements du paysage urbain. Des dysfonctionnements engendrés en premier lieu par un cadre bâti dénué de toute harmonie et homogénéité, lorsqu’il s’agit du réglementaire. Et d’un important déficit en matière d’équipements et d’infrastructures de proximité lorsqu’il s’agit de constructions non réglementaires. Certaines constructions sont même menacées d’inondation et d’effondrement. S’ajoutent à cette dichotomie du paysage urbain les douars nouvellement intégrés au périmètre urbain et qui, comme pour l’habitat non réglementaire, ne bénéficient d’aucune condition de salubrité.
Ces dysfonctionnements sont également présents au niveau des espaces publics dont l’occupation anarchique, la dégradation des chaussées et l’absence de trottoirs, le délaissement des espaces verts et des places publiques, en font des espaces peu valorisés, ne profitant que très peu aux usagers de la ville. Il s’agit donc de redresser la situation notamment par le recours à l’élaboration d’une charte architecturale qui définirait une stratégie de développement urbain, en toute concordance avec la sauvegarde du patrimoine historique et les traditions culturelles de la région, a expliqué Didi. Par ailleurs, Sébastien Moriset, architecte au Centre international de la construction en terre (CRAterre)/ Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble, a développé trois points essentiels se rapportant aux pratiques de construction traditionnelle et comment le matériau terre connaît un renouveau à travers des projets contemporains audacieux dans de nombreux pays. Il déplore le fait que la région impressionne le monde entier par la richesse de son patrimoine architectural, mais que celui-ci reste en décalage avec la production architecturale actuelle. Pourtant les atouts de la construction en terre sont nombreux. Ainsi, entre autres, le matériau terre et le pisé contribuent à la qualité des paysages de la province, respectent le cachet culturel, présentent l’avantage du confort thermique, l’isolation acoustique et le bon éclairage naturel… sans oublier l’aspect écologique qui montre que la terre est le matériau le moins émetteur de gaz à effet de serre (GES).
Parmi les recommandations de ces tables rondes en matière d’urbanisme, d’aménagement et d’architecture, la nécessité de remédier au vide juridique par l’élaboration d’un manuel de construction en terre, d’assouplir le dispositif juridique en vigueur pour encourager les constructions en terre et de tenir compte des spécificités locales dans l’élaboration des documents d’urbanisme. Il a aussi été recommandé d’intégrer le concept d’urbanisme bioclimatique dans les documents d’aménagement et d’urbanisme et de créer un équilibre entre les deux rives de la ville tout en intégrant les quartiers marginalisés.


Compétences


LA transmission des compétences des «maâlams» aux générations futures et l’instauration de filières de formation des métiers de construction en terre ont été recommandées.
Concernant la préservation de l’environnement, l’objectif est de lancer un plan paysager, d’intégrer l’utilisation des énergies renouvelables, notamment le solaire, dans les besoins énergétiques en milieu urbain. L’objectif est aussi de préserver l’équilibre des oasis, d’élargir et consolider les prérogatives et les actions du Cercas et d’intégrer la charte de l’environnement.


De notre correspondante,
Fatiha NAKHLI

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