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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

jeudi 31 juillet 2014,
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Nouveaux procédés pour économiser l'eau et les engrais

   

Si le matériel d'irrigation a sans cesse été amélioré pour gérer l'eau de manière rationnelle, aujourd'hui apparaît une autre préoccupation: la gestion des engrais. La "fertigation" est un procédé qui répond aux deux soucis

Jusqu'à présent, dans les systèmes d'irrigation, on s'est beaucoup intéressé au volet économie de l'eau. Maintenant l'agriculteur veut aussi économiser sur son engrais qui coûte cher", affirment en choeur les professionnels. Le terme en vogue est "fertigation". Entendez par là à la fois irrigation et fertilisation. De nombreuses entreprises se sont intéressées à cette exigence nouvelle qui s'est développée en même temps que le système d'irrigation au goutte-à-goutte essentiellement.

Vradim Maroc qui commercialise du matériel d'irrigation importé d'Israël notamment vient de mettre sur le marché une station d'irrigation et de fertilisation informatisée. "L'avantage essentiel de ce système de fertigation intégré est de contrôler avec précision le PH et la salinité de l'eau d'irrigation, deux paramètres essentiels dans la culture", indique M. Essaïd Ghazzali, administrateur de Kiralma s.a.r.l., entreprise partenaire de Vradim Maroc pour les études et les installations.

Le dosage proportionnel

La station comprend un ensemble d'injecteurs d'engrais et un système de filtration . Le tout est lié à un petit programmateur qui permet une lecture et une correction permanentes pendant le temps d'irrigation, explique M. Ghazzali. Et d'ajouter: "le contrôle s'effectue à 100%. Ce qui n'est pas possible avec un simple doseur".

Cependant, le dosage proportionnel, qui avait été introduit au Maroc depuis 1987, permet aussi une fertigation rationnelle, affirme M. Hamza Abbas-Terki, responsable à la SCPC (Société Commerciale des Produits Chérifiens) qui commercialise les doseurs proportionnels de Dosatron International. Le procédé est présenté comme un moyen de rentabiliser l'installation d'arrosage en utilisant le circuit existant pour diffuser les différents produits à l'aide d'une pompe doseuse. Il s'adresse aussi bien à l'horticulteur, au paysagiste, au pépiniériste qu'au maraîcher ou encore à l'arboriculteur.

"Sur le marché marocain, quelque 850 à 900 pompes doseuses ont été livrées à ce jour", note M. Abbas-Terki. Agadir, Marrakech et ses environs restent les principales régions équipées. L'entreprise en a également fourni à Casablanca.

"Avec une part de marché mondial de plus de 90%, Dosatron est leader sur le créneau de la pompe doseuse mécanique", précise M. Abbas-Terki. En France et en Europe, Dosatron International contrôle respectivement 80 et 75% du marché. Les doseurs proportionnels sont par ailleurs vendus aux Etats-Unis d'Amérique et un peu partout dans le monde, poursuit-il.

La pompe Dosatron est équipée d'un piston d'une capacité de 5 litres qui permet d'accélérer ou de décélérer la cadence au fur et à mesure que la pression augmente ou diminue. De ce fait, même en cas d'essoufflement du moteur et de variation du niveau du puits, le dosage demeure constant.

"Avec un doseur non proportionnel, si la pression s'affaiblit pendant une demi-heure par exemple, le plant recevra une quantité trop importante d'engrais. Il n'y a pas véritablement de risque à proprement parler pour la plante, mais pour le producteur, il y a des pertes", note M. Abbas
Terki.

La micro-irrigation

Le risque majeur demeure l'utilisation d'une "solution mère" avec des engrais qui ne sont pas à 100% solubles. Donc, les engrais dits nobles (solubles à 100% ou liquides) sont recommandés.

La pompe de Dosatron, conçue de façon très simple (deux cylindres, deux soupapes et un petit mécanisme interne) fonctionne à la pression hydraulique. Elle est disponible en trois versions. Le "doseur grand débit" dispose d'une capacité d'irrigation de 20 m3/ heure. Il est actuellement commercialisé à 19.000DH.

Le "doseur moyenne gamme" a un débit de 8m3/ heure. Et enfin, le plus petit est le doseur DI 16 avec une capacité de 2,5m3.

Au Maroc, sur le créneau de la fertigation, il faut noter la présence de nombreuses entreprises comme Hortec, Protec ou encore Regafim.

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Cette dernière importe aussi du matériel d'Israël. Selon les dirigeants de Vradim Maroc, le système de micro-irrigation reste le plus efficace en matière de fertigation. Ce système est présenté comme celui qui permet la gestion la plus rationnelle de l'eau. La raison: très peu d'évaporation. M. Ghazzali souligne qu'avec la micro-irrigation les économies d'eau sont de l'ordre de 70% par rapport au système gravitaire et archaïque de la "saguia".

Entre les deux ont été développés les systèmes d'irrigation par aspersion et par micro-jets notamment. Ces systèmes dits intermédiaires se soldent par des pertes à cause de l'évaporation. Le goutte-à-goutte n'est pas nouveau, il remonte à 1964 en Europe. Au Maroc, les premiers systèmes ont été installés au début des années 70 dans les régions de Méknès et d'Oulmès. Le phénomène a pris de l'ampleur en 1983-84. La période correspond au développement de la culture sous-serre. A Agadir par exemple, l'irrigation au goutte-à-goutte couvre plus de 90% des cultures maraîchères. Les régions où ces sytèmes restent peu développés sont notamment le Gharb et Beni-Mellal qui ne souffrent pas de pénurie d'eau. La micro-irrigation est destinée à toutes sortes de cultures, du maïs aux maraîchages, en passant par les agrumes, les rosacées. La seule exception reste le blé.

N.H.