Affaires

Marrakech: Des producteurs italiens de raisin séduits par l'Oudaya

Par L'Economiste | Edition N°:1140 Le 09/11/2001 | Partager

De notre correspondant, Salah BACHIR. Une cinquantaine d'hectares a été équipée et de nouvelles variétés de raisin ont été introduites . A travers ce projet qui a coûté 25 millions de DH, les promoteurs visent le marché européen A trente kilomètres de Marrakech, sur la route d'Essaouira, le cercle de l'Oudaya doit sa notoriété à la qualité de ses raisins et son vignoble. C'est une vocation naturelle favorisée par la disponibilité des terrains non exploités et une main-d'oeuvre bon marché. Ceci n'a pas manqué d'attirer les investisseurs étrangers, notamment les Italiens séduits aussi par la ville de Marrakech et son arrière-pays. C'est en 1998 que la société Agritalia (SARL), composée de trois associés, a élu domicile dans la région. Elle a acquis en location pour une vingtaine d'années auprès de propriétaires privés une cinquantaine d'hectares au prix de 120.000 DH l'année. Le terrain a été équipé pour la production des raisins de table à l'exportation. Le produit est destiné surtout aux pays de l'Union européenne, notamment la France, l'Angleterre, l'Allemagne et bien sûr l'Italie. “Les variétés introduites se sont adaptées au sol de l'Oudaya grâce au climat favorable de la région et à l'accès facile aux eaux d'irrigation puisées dans des puits. “Notre projet a donné vie à une zone qui était presque abandonnée”, indique Dezio Donato, administrateur d'Agritalia. Parmi ces variétés, on peut citer la Victoria, Italia, Michel Palieri, la superior Seedles et enfin la Black Magic. Le projet a nécessité des investissements évalués à 25 millions de DH. Ce coût comprend également l'importation des serres et du filet. Car, affirme Donato, “ce matériel spécifique aux vignes n'est pas disponible localement”. Mais le gros des équipements est constitué de la station d'emballage et des chambres froides nécessaires à la réfrigération du produit avant son exportation, ajoute-t-il. Les emplois générés par cette activité, bien qu'elle soit saisonnière, varient entre 30 pendant les périodes creuses et 400 durant les mois de mai et juin. Ce qui constitue une véritable aubaine pour les populations locales. Les employés sont satisfaits, d'autant plus que les salaires (60 à 80 DH/jour) sont supérieurs à ceux pratiqués dans l'industrie ou la maçonnerie. Le travail commence au lever du soleil et se termine assez tôt l'après-midi, laissant aux hommes et femmes le temps de s'occuper de leur foyer. Les associés d'Agritalia qui sont déjà producteurs de raisins de table dans la région de Puglia, dont la capitale est Bari (célèbre pour son vignoble et son olivier), ont pu atteindre la première année une production de 200 tonnes. Le résultat aurait pu être meilleur, n'était les conditions climatiques défavorables de la campagne. Mais pour la campagne écoulée, Agritalia a réalisé une production de 1.500 tonnes et son objectif est d'atteindre les 2.000 tonnes. Côté chiffre d'affaires, l'entreprise a pu réaliser les 10 millions de DH. Ce qui l'a motivée à préparer un projet d'extension.


La guerre des raisins

Le transport par camion coûte très cher à destination de l'Europe. “Il faut entre 30.000 et 50.000 FF, voire plus quand il s'agit de produits phytosanitaires”, expliquent les responsables de l'entreprise. Le grand défi pour Agritalia est d'avoir des raisins précoces à partir du 15 mai, date de lancement des exportations et de franchise pour les droits de douane européens. Au-delà du mois de juin, les droits de douane sont applicables, ce qui rend le produit non compétitif. La bataille avec les raisins importés de Chili, du Mexique et d'Espagne se joue donc sur quelques jours. Et il faut savoir produire des raisins dans les délais pour percer le marché européen avant les autres concurrents. En tous cas, l'expérience d'Agritalia dans la plaine de l'Oudaya et son succès ont encouragé d'autres investisseurs italiens à réaliser un projet similaire de production et commercialisation des raisins de table. Et ce n'est pas un hasard s'ils sont aussi de la région de Puglia.


. Brèves régionales. Agadir Manifestation d'agriculteursLes agriculteurs du Souss-Massa ont tenu un rassemblement hier à Aït Melloul (périphérie d'Agadir), toutes associations confondues (ASPEM, ASPAM et APEFEL). Plus de 180 représentants du secteur étaient au rendez-vous pour débattre de leur situation. Selon eux, l'objectif de cette rencontre est de sensibiliser les pouvoirs publics à la crise qui sévit dans la filière. Plus de 60% des exploitations sont en effet menacées de faillite, car plusieurs poursuites judiciaires ont été déclenchées à l'encontre d'agriculteurs. A l'origine de ces actions, des dettes impayées auprès de l'OCE et des banques. Des engagements que les opérateurs n'ont pas pu honorer à cause, entre autres, de la sécheresse qui marque la région depuis trois ans, de la faiblesse du pouvoir d'achat et des coûts élevés de production.
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