Economie

Maroc-UE: Rabat durcit le ton

Par | Edition N°:895 Le 15/11/2000 | Partager

. Le non-renouvellement de l'accord restera de mise si l'UE n'adhère pas à la vision marocaine. Les négociations en cours sont politiques avec une composante technique. Saïd Chbaâtou: «Le Maroc ne signera pas un accordsuicidaireLe gouvernement rompt le silence sur les négociations de pêche avec l'Union Européenne (l'UE). Le ministre des Pêches Maritimes, M. Saïd Chbaâtou et le secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, M. Taïb Fassi, ont longuement parlé à la presse, lundi 13 novembre, lors d'une conférence tenue à cet effet. C'est la première sortie solennelle sur le dossier depuis la reprise des négociations le 30 octobre dernier.D'emblée, la réponse européenne à la proposition marocaine a été critiquée. «Nous sommes surpris, voire déçus par la réaction de l'UE«, ont déclaré les deux ministres. Selon eux, l'attitude des Quinze s'inscrit dans une logique «révolue«. En effet, les Européens qui n'ont accepté aucun point de l'offre marocaine, ont tout simplement proposé un scénario similaire au précédent accord (1995-1999). Un replacement des négociations dans leur cadre naturel s'est imposé. Et c'est justement le deuxième volet des précisions marocaines données lors de la conférence de presse.MM. Chbaâtou et Fassi ont expliqué pourquoi le Maroc a fini par accepter de négocier un nouvel accord: «un acte de bonne volonté« et une «décision avant tout politique« qui «entrent dans le cadre d'une vision globale des relations maroco-européennes«. Ce revirement doit être interprété comme «un geste de solidarité« avec les régions espagnoles touchées par l'expiration du dernier accord. Le Maroc demande une «réciprocité«, qui tienne compte des relations bilatérales dans leur globalité. Inutile donc de se cantonner dans une lecture purement sectorielle.Concernant les négociations en cours, les deux responsables soulignent qu'elles sont «politiques avec une composante technique«. Les seules discussions techniques ne peuvent aboutir à un accord et «la solution ne sera que politique en fin de compte«. Rien n'est donc définitivement acquis pour les Européens. Le changement dans la position marocaine ne doit pas être pris pour une prédisposition à accepter un retour au passé. Le Maroc ne signera pas «un accord suicidaire«, rassure M. Chbaâtou. Selon M. Fassi, «si l'UE n'adhère pas à la vision marocaine, il n'y aura pas d'accord«. Dans ce cas, «nous serons obligés d'assurer les prévisions du plan quinquennal dans le cadre d'une stratégie nationale et nous en avons les moyens«, ajoute-t-il. Autrement dit, le non-renouvellement est une option toujours prévisible, seulement cette fois, il sera le résultat d'un processus de négociations et non d'une position préalable du Maroc. Pour l'heure, le Maroc demeure ferme. Les négociations du 21 novembre se poursuivront sur la base de ses propositions. O. M.

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