Economie

L'ONA mise sur les télécoms et l’environnement

Par L'Economiste | Edition N°:2244 Le 29/03/2006 | Partager

. Deux fers de lance: Maroc Connect et Nareva Holding. Les services financiers et la grande distribution en pole position. L’agroalimentaire et les mines en perte de vitesseRationaliser, consolider le leadership des filiales et saisir les opportunités à l’international. Ces trois axes stratégiques seront mis en avant par Saâd Bendiddi, PDG du groupe ONA, tout au long de la présentation des résultats annuels 2005. Une présentation sobre et détaillée organisée au siège du holding le 27 mars à Casablanca, sous l’oeil attentif des présidents de filiales.En 2006, le groupe devra tout déployer pour redresser la rentabilité de certaines activités en perte de vitesse comme les mines ou l’agroalimentaire. Il aura également à définir le type de recentrage à effectuer. Une chose est sûre: les services financiers et la grande distribution figureront dans le peloton de tête. Dans ces deux métiers, le groupe affiche une position stratégique favorable. Il lui suffira donc de la renforcer via une politique de croissance et d’investissement optimisée. Parallèlement, l’ONA mise fortement sur les télécoms «pour se construire une position de challenger crédible». Il s’agira essentiellement de réussir le lancement de Maroc Connect. Le secteur des Utilities (eau et environnement) figure également dans la ligne de mire. Ce marché est en croissance forte et régulière compte tenu des objectifs de l’INDH et de l’essor démographique. L’ONA entend donc prendre pied dans ce secteur pour devenir un acteur de référence. «S’agissant d’engagements à très long terme, nous veillerons à construire un portefeuille d’actifs cohérent et équilibré pour diversifier les risques», s’engage Bendiddi.Ce sera d’ailleurs la ligne conductrice du groupe pour la période 2008-2010. L’objectif de croissance du chiffre d’affaires consolidé est fixé à un minimum de 7%, grâce notamment aux synergies entre les filiales (qui fait l’objet d’un programme à part entière) et à la consolidation des positions actuelles. Quoi qu’il en soit, il n’y aura pas de dérapages au niveau de l’endettement. En effet, le management est décidé à garder le contrôle malgré les mises de fonds importantes qu’il devra effectuer pour développer les relais de croissance, à savoir les télécoms et les Utilities. Pour ces deux métiers, les dés sont jetés. En 2005, l’ONA acquiert Maroc Connect qui se voit attribuer la troisième licence de téléphone fixe avec mobilité restreinte. Les travaux d’infrastructure sont lancés.Concernant les Utilities, le groupe crée Nareva Holding spécialisée dans l’énergie et l’environnement. Ce qui permet de reclasser les participations de l’ONA dans Amendis, Amensouss et ADI. Toujours en 2005, Amensouss conclut dans le cadre de la concession de l’irrigation, 3 conventions respectivement, avec le Fonds Hassan II (pour le financement), le ministère de l’Agriculture (gestion déléguée) et l’agence du bassin Souss Massa (fourniture de l’eau). Pour les autres domaines d’activité stratégique (DAS) «traditionnels», les résultats sont mitigés. En 2005, les mines ont souffert de la chute du cours mondial du cobalt. Au total, le chiffre d’affaires recule de 3,6% malgré la hausse des tonnages à Drâa Sfar et l’amélioration de la teneur à Imiter. Le résultat d’exploitation (REX) chute de 60 millions de DH. «Il faudra restaurer la profitabilité de ce DAS en s’appuyant sur la qualité du potentiel humain, son expertise dans l’hydrométallurgie et sa bonne connaissance de l’Afrique».Les activités agroalimentaires subissent de plein fouet les effets de la concurrence. Le chiffre d’affaires est en quasi-stagnation (+1%) grâce à la bonne tenue de Centrale Laitière et de CCO (Conserverie des cinq océans). En revanche, Lesieur et La Monégasque affichent une contre-performance commerciale (-5 et -7% respectivement). En définitive, le REX baisse de 26% du fait de la pression sur les prix de vente, de l’envolée des matières premières et consommables et des mauvaises campagnes sucrières. «Sur ces métiers traditionnels, le groupe défendra ses positions en misant sur l’innovation et l’optimisation des coûts industriels et logistiques grâce au programme Synergies». De toute façon, il faudra faire preuve de réactivité pour cibler des niches de développement selon les opportunités. L’export et l’international ne seront pas non plus négligés. «L’export est souvent une étape intermédiaire qui permet de sonder le marché avant d’envisager une implantation directe».Pour la grande distribution, la cadence sera maintenue, compte tenu du fort potentiel de croissance affiché par le secteur. En effet, la distribution moderne, toutes enseignes confondues, ne représente pas plus de 8% de la distribution alimentaire. De plus, elle croît annuellement de 1% à peine. Donc, le groupe dispose d’une large marge de manoeuvre. «Notre partenariat avec Auchan fonctionne depuis 6 ans. Les points de désaccord qui peuvent exister ne nous empêchent pas de réaliser de bonnes performances». Preuve en est, les hypermarchés Marjane ont doublé à 12 et les supermarchés Acima sont déjà à 20. Dans l’immédiat, l’ONA veut accélérer le rythme d’ouverture des supermarchés (7 à 10 par an). «La relation entre les partenaires requiert une certaine franchise. Mais une bonne relation n’est pas forcément une relation où tout coule de source. Chacun est en droit d’avoir une opinion. Grâce au débat, il est toujours possible de trouver une solution qui arrange les deux parties». Selon Bendiddi, les plans de développement sont approuvés et seront développés par les deux partenaires. En tout cas, l’activité affiche de bonnes performances en 2005. Le chiffre d’affaires gagne 17%, contre 22% pour le REX.Mais ce sont les activités financières qui ravissent la vedette grâce au leadership d’Attijariwafa bank et au dynamisme d’Axa Assurance Maroc. Les deux filiales affichent des résultats nets part de groupe en forte progression. A l’avenir, la filiale bancaire cherchera à consolider sa position et à saisir des opportunités de développement dans la région. Pour Axa, il s’agit de se mettre au diapason des meilleurs pratiques du secteur. Mouna KABLY

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