Economie

L'OFPPT veut former des ingénieurs

Par | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

L'OFPPT envisage de lancer à partir de cette année une filière Bac plus 4 pour former des ingénieurs. Outre la mise en place d'un réseau informatique entre l'Office et ses établissements, il est prévu de renforcer le dispositif de la formation continue.


La direction de l'Ofppt affiche aujourd'hui sa fierté des résultats réalisés depuis la réforme du système de formation professionnelle en 1984. L'Ofppt dispose depuis quelques mois d'un ministère distinct alors qu'elle dépendait auparavant du Ministère des Travaux Publics.
C'est en présence de M. Abdeslam Béroual, ministre de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail, que M. Mounir Chraïbi, directeur de l'Office, a présenté le bilan de cette année et les perspectives pour les 5 années à venir(1).
L'Ofppt a ouvert 7 établissements de formation en 1994 et 8 en 1995. L'effectif de la formation continue a connu une hausse de 14% en 1994. L'objectif de l'Office est d'atteindre 10% de l'ensemble des salariés affiliés à la CNSS d'ici l'an 2002, et ce dans le cadre des contrats spéciaux avec les entreprises.
Afin d'accompagner cette expansion, l'Office a augmenté ses capacité pédagogiques et ses outils de travail. Près de 230 cadres et formateurs ont été recrutés en 1994. Au cours de cette année, l'Office aura embauché le même effectif.

Approche bilan de compétence


Selon M. Chraïbi, un projet d'informatisation des établissements de formation est en cours de finalisation. L'originalité de ce projet réside dans sa mise en application "sur le terrain" au niveau des établissements de formation avant de remonter à l'organe central. Cette informatique permettra une bonne gestion des stagiaires, du programme de formation, des formateurs et des relations avec les entreprises.
Mais il reste difficile d'évaluer la compétence des formateurs de l'Office, "différencier entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas". Une approche bilan de compétence a été alors adoptée et initiée auprès de 150 formateurs. En fonction de leur niveau de compétence, les formateurs reçoivent des formations complémentaires. Selon M. Chraïbi, suite aux premiers entretiens d'évaluation, un bon nombre de formateurs ont affiché d'excellentes performances. Les meilleurs ont été retenus pour animer des séminaires de formation continue au profit du personnel d'entreprises.
Sur la question du lancement des filières techniciens spécialisés (Bac + 2), M. Chraïbi a noté que le besoin s'est fait sentir par les professionnels. Le marché demande des personnes compétentes, capables de gérer une équipe et ayant une culture susceptible de lever la technologie dans l'entreprise. Au cours de leur formation, les stagiaires sont habitués à travailler seuls pour "s'autoformer". Ceci leur permet d'avoir un esprit d'initiative et de recherche. Des connaissances linguistiques et en techniques de communication font également partie des axes de formation au sein des filières techniciens spécialisés.

Contrat-programme


Par ailleurs, et afin de renforcer les formations supérieures, l'Ofppt lancera une filière Bac + 4 à travers l'ouverture de l'ISIT (Institut Supérieur des Industries du Textile) prévue pour cette année. Cet institut spécialisé dans la formation d'ingénieurs et de techniciens spécialisés aura un statut particulier. Le patrimoine appartiendra à l'Office et la gestion sera assurée par une société privée.
Rappelons que tous les établissements de formation de l'Office disposent depuis quelque temps d'une certaine autonomie au niveau de la gestion et des relations avec le milieu professionnel. Dans ce sens, l'Office prévoit, dans les trois année à venir, d'opérer avec les différents établissements et directions régionales suivant des contrats-programmes. Ainsi, le budget sera débloqué en fonction du programme prévu et bien défini à l'avance.
Actuellement, les coûts d'une même formation varient d'une ville à l'autre. Pour la branche peintre vitrier par exemple, le coût supporté par l'Office varie de 6.189 DH à l'ITA Khouribga jusqu'à 29.450 DH à l'ITA Tanger. D'autres exemples ont démontré que les coûts de formation à Khouribga sont parmi les plus faibles.
Les différents établissements de formation ont été par ailleurs classés en fonction du taux de déperdition des stagiaires au cours de leur première année. Les centres de formation situés à Casablanca, Rabat et autres villes du Centre affichent les taux les moins élevés, surtout dans les filières nouvellement créées. Parmi les taux de déperdition les plus élevés figure celui de centre de formation de Fnidek..."La contrebande l'emporte dans cette région", murmure un participant.

Hicham RAÏQ.

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