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jeudi 24 juillet 2014,
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L'inspection générale des ministères réactivée

   

· Le gouvernement fait de la dynamisation de ce corps un des piliers de la modernisation de l'Administration

· Un projet de décret réglementant cette profession est en cours d'examen



Annoncée par le Premier ministre lors de sa déclaration devant la Chambre des Représentants, la réactivation du corps des inspecteurs généraux des ministères (IGM) n'a pas tardé à être enclenchée. C'est dans l'Administration agricole que la dynamisation de ce corps a été annoncée. En donnant le coup d'envoi au Pacte de bonne gestion (PBG) dans son Ministère, M. Habib El Malki, ministre en charge de l'Agriculture, a attribué à l'Inspection Générale de nouvelles missions pour accompagner la modernisation de son département.
A partir de l'année prochaine, ce corps sera désormais appelé à fonctionner selon des modes modernes de contrôle et d'audit. Il y va de la bonne marche de l'Administration. La bonne gestion est tributaire d'une bonne inspection. L'initiative gouvernementale est venue suite à des appels lancés par plusieurs inspecteurs généraux depuis près d'une année pour élargir leur champ d'action et jouer un rôle actif à côté d'autres organes comme la Cour des Comptes et l'Inspection Générale des Finances (IGF).
En effet, l'IGM a été pendant longtemps confinée dans un rôle de police et d'investigation des dysfonctionnements. Elle est souvent crainte par les administrés à cause de son caractère répressif. Cette image peu reluisante est due en grande partie à la rigidité du statut la régissant. En effet, les attributions de l'IGM ont toujours été limitées dans un simple article qui est pratiquement identique à tous les organigrammes des ministères. Cet article dispose que l'inspection générale a pour rôle "d'informer régulièrement le ministre, à qui elle est directement rattachée, sur le fonctionnement des services centraux et extérieurs, d'instruire toute requête qui lui est adressée et de procéder sur ses instructions à toutes inspections, enquêtes ou études".
Cette disposition explique la marginalisation de ces organes au niveau de certains ministères, puisque le recours à leurs services dépend plus de la volonté de chaque ministre.
Actuellement, les inspecteurs des ministères s'activent pour réhabiliter leur fonction et l'étendre au conseil, l'audit, la prévention et l'évaluation. En termes clairs, ils veulent jouer un rôle plus moralisateur. En effet, c'est dans le vaste chantier de la moralisation de la vie publique que les inspecteurs tiennent à insérer leur action. M. Mostapha Faik, inspecteur général du Ministère des Pêches Maritimes, affirme que l'idée de la modernisation du statut des IGM ne date pas d'aujourd'hui. Mais elle s'est trouvée propulsée par l'évolution du contexte politico-économique et l'élaboration du PBG.
Plusieurs initiatives pour sensibiliser le gouvernement à la nécessité d'opérer cette modernisation ont été prises. Une première table ronde a été organisée en mars 1999. Cette rencontre avait donné le coup d'envoi au processus de réflexion sur l'organisation des IGM. D'autres rencontres ont suivi. Les recommandations avaient appelé à la nécessité d'établir un cadre réglementaire délimitant les missions et les méthodes de travail des inspecteurs à l'instar de leurs collègues des Finances. "C'est un nouveau défi qui s'impose pour les IGM. En plus de leur fonction d'enquête, ces derniers sont appelés à assumer un rôle de consultation, de médiation et d'arbitrage", souligne M. Khalid Benabdeljalil, inspecteur général du Secrétariat d'Etat à l'Habitat. La formation de cadres compétents pour renforcer le staff des inspections est aussi préconisée.
Le fruit de ces rencontres a été un projet de décret que les IGM ont soumis à M. Aziz Houcine, ministre de la de la Réforme Administrative et de la Fonction Publique. Ce projet fixe les nouvelles attributions et les méthodes de travail requises pour la fonction d'inspecteur ministériel.


Coup de pouce de Youssoufi


Dans sa déclaration devant la Chambre des Représentants, M. Abderrahman Youssoufi a fait des inspections générales des ministères (IGM) le deuxième organe de la moralisation et du contrôle de l'Administration à côté du Conseil Supérieur de la Fonction Publique. Le Premier ministre a annoncé que ces deux organes vont être réactivés et qu'un cadre juridique les réglementant est en cours de préparation.

Nadia LAMLILI