Focus

Les chantiers 2010-2011 : Un régulateur pour la logistique

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:3436 Le 31/12/2010 | Partager
Le projet de loi instituant une agence adopté par la Chambre des conseillers
Deux contrats-programmes sur 9 sont prêts
L’ensemble des feuilles des route signées avant fin 2011

2011 sera-t-elle l’année du vrai coup d’envoi de la stratégie nationale logistique? L’élément déclencheur sera évidemment la publication imminente au bulletin officiel de la loi 59-09, relative à la création de l’Agence nationale pour le développement des activités logistiques (AMDL). Une institution qui aura pour mission de réguler le secteur de la logistique. Le projet de loi a déjà été adopté par la Chambre des conseillers le 16 novembre dernier. Un texte d’application devrait clarifier le mode de fonctionnement et d’intervention de la nouvelle institution. Mais à la lecture du projet de loi, l’on peut d’ores et déjà savoir que l’AMDL aura pour mission de veiller à la réalisation des études nécessaires à la définition des stratégies et des plans d’action pour l’amélioration de la compétitivité logistique. Elle aura également pour rôle de concevoir le schéma directeur relatif à la répartition des activités logistiques. La recherche du foncier nécessaire à la construction des zones dédiées relèvera également des attributions de la nouvelle structure. L’AMDL sera aussi appelée à mettre en place les mesures à même de favoriser l’émergence de logisticiens nationaux intégrés. La formation n’est pas en reste. Le challenge est de contribuer à la définition des plans de formation dans le domaine de la logistique. En effet, il s’agira de mettre à la disposition des opérateurs en nombre suffisant des profils pointus. 61.000 personnes devront être formées d’ici 2015 et 173.000 autres tout au long du développement de la stratégie. L’AMDL assurera également le suivi et l’évaluation du niveau de performance de l’ensemble des intervenants.
L’activité de régulation de l’Agence consistera, entre autres, à proposer au gouvernement des textes de loi visant la mise à niveau de l’offre logistique marocaine et l’organisation de la profession de logisticien. Elle mettra le foncier à la disposition des logisticiens selon un cahier des charges qui définira les conditions ainsi que les normes de construction des zones logistiques. L’AMDL sera habilitée à recueillir, auprès des différentes administrations et entreprises publiques et des collectivités locales, les informations et autres documents nécessaires à l’accomplissement de ses activités, notamment au niveau des statistiques.
La feuille de route logistique s’articule autour d’une série d’axes tels que le développement d’un réseau de zones à l’échelle nationale. Au total, l’Etat devrait débloquer une réserve foncière de 3.300 ha dont 2.080 à l’horizon 2015 pour l’aménagement de 70 plateformes dans 18 villes. Le concept de la stratégie consiste à massifier les flux de marchandises, leur transport et leur stockage, de favoriser l’émergence d’acteurs logistiques nationaux et de développer des compétences dans ce nouveau secteur d’activité.
Pour l’heure, un seul contrat-programme sur dix a été signé. Il concerne la région du Grand Casablanca, principal pôle économique du Royaume et définit huit zones devant abriter les futures plateformes logistiques. Au total, 978 ha devront être mobilisés, dont 607 ha en 2015.
Deux autres contrats-programmes sont déjà finalisés et attendent d’être signés entre le gouvernement et les opérateurs concernés. Ils portent sur le transport routier de marchandises et la formation. Un autre contrat-programme est en cours de finalisation et concerne le commerce extérieur.
Les autres feuilles de route concernent les régions (Tanger, Tétouan, Souss-Massa-Draâ, Meknès, Oujda…), les flux agricoles, énergétiques, la distribution interne, les matériaux de construction... Au total, neuf contrats-programmes sont appelés à être paraphés avant fin 2011.

 

Ratio

La stratégie logistique a été signée par le gouvernement et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) en avril 2010. Elle a pour objectif d’améliorer la compétitivité de l’économie marocaine dans le domaine du transport et de la logistique. En clair, elle vise à ramener le coût logistique de 20 à 15% du PIB. Le même ratio que celui observé au niveau des pays émergents. Par conséquent, le pari est d’accélérer la croissance économique de 0,5% de PIB par an pendant 10 ans. Ce qui correspond à une plus-value économique directe de 20 milliards de DH et globale de 40 milliards de DH sur la même période. La stratégie générera un investissement de 60 milliards de DH, essentiellement par le secteur privé.

Hassan EL ARIF

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