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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

samedi 25 octobre 2014,
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LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
On s’arrache les ingénieurs en génie civil!

   
. Salaire en début de carrière: 8.000 à 12.000 dirhams. Ils recherchent plus à faire du développement. La pénurie est telle que les salaires flambent
Les ingénieurs en génie civil sont aujourd’hui une denrée rare sur le marché. La croissance que connaît le secteur du BTP, depuis quelques années (immobilier, nouvelles villes, routes, tramway…), a en effet décuplé les besoins, en particulier en ingénieurs en génie civil. Les écoles d’ingénieurs ont réajusté leur offre. La majorité des lauréats de l’Ecole Hassania des travaux publics sont issus de la filière génie civil. La promotion 2009-2010 de «Hassania» comprend 53 lauréats en «ingénierie du bâtiment» et 35 en «ingénierie des infrastructures de transport» contre 23 lauréats pour la filière génie de l’hydraulique, de l’environnement et de la ville. L’Ecole Hassania a même développé un master gestion et exploitation des systèmes des transports en partenariat avec l’Ecole nationale des ponts et chaussées, l’Ecole nationale des travaux publics ainsi qu’un établissement espagnol: La Escola Tecnica Superior d’Enginyers de Camins, Canals iports de Barcelona (Université Polytechnique de Catalogne). Elle permettra de former des cadres ayant une culture globale des disciplines de gestion et d’exploitation des systèmes de transport. Saad Bencharef est major de la promotion 2009-2010 toutes filières confondues de l’Ecole Hassania des travaux publics. En parallèle à sa formation initiale en génie civil, il a préparé le diplôme de l’Ecole nationale des ponts et chaussées dispensé au sein même de l’Ecole Hassania. Ce qui lui a assuré une insertion immédiate dans le monde professionnel. «J’ai reçu plus de dix offres de la part de plusieurs grandes entreprises (Oger International, IAM, Jacob Delafon…), mais en fin de compte, j’ai choisi TMSA (l’Agence Spécial Tanger Méditerranée), vu le rôle majeur que joue l’Agence dans le développement économique et territorial du Royaume», justifie Bencharef. Il estime le taux d’insertion de sa promotion à 70% jusqu’au mois de septembre 2010. Toujours est-il que ce taux était plus élevé pour les anciennes promos. «J’expliquerai cela par le fait que plusieurs autres instituts ont introduit des formations similaires dans leurs cursus, et même si cela n’aboutit qu’à la formation de techniciens dans la plupart du temps, plusieurs boîtes arrivent de moins en moins à supporter les exigences salariales d’un ingénieur d’Etat (entre 8.000 et 12.000 dirhams). Pourtant, les bureaux d’études ont du mal à recruter des ingénieurs. Pire encore, une fois qu’ils sont recrutés et formés, ils vont ailleurs. Le turn-over touche cette catégorie aussi de cadres. Les offres d’emploi se multiplient, les besoins commençant à concerner des profils plus pointus tels que « ingénieur économiste » (spécialiste en quelque sorte dans le maintien des coûts dans la construction) pour lesquels les cabinets font appel aujourd’hui exclusivement à des compétences internationales.Qui se les arrachent? Les bureaux de conseil et d’études, les entreprises du BTP … Ces dernières répondent le plus souvent à des appels d’offres publiques. Les bureaux d’étude en génie civil embauchent des ingénieurs en génie civil pour réaliser des études de faisabilité ou pour mettre en place des plans d’entretien pour des infrastructures existantes. Les études pointues sur les infrastructures routières, sur les projets de barrage ou sur des bâtiments industriels très spécifiques sont sous leur responsabilité. Peut on parler pour autant de pénurie? «Je ne pense pas qu’il y ait rareté. Il y a plutôt une prolifération de cabinets de bureaux d’études qui «récupèrent» tous les ingénieurs et les empêchent en quelque sorte de créer leur propre bureau. Cette structure fait que malheureusement ils sont soit enfouis dans des grands bureaux soit ils vont faire le tour», indique Azel-arab Benjelloun, président du Conseil régional du centre de l’ordre national des architectes du Maroc. Cependant, les professionnels se rendent de plus en plus compte que la nouvelle génération d’ingénieurs veut aller vers de la recherche. Ils ne veulent plus faire dans le stéréotype. «Avant, nous envoyons nos plans aux ingénieurs, qui mettaient des poutres traditionnelles, nous retournaient le tout et nous lancions les constructions. Aujourd’hui, nous travaillons davantage en collaboration, au stade même de l’esquisse, pour produire des modes de structure différentes de ce que l’on pouvait trouver sur le marché.
Que font-ils?

L’ingénieur génie civil est généralement titulaire d’un diplôme d’ingénieurs spécialisé en bâtiment, en travaux publics (EHTP, EMA, Ensem, EMI…) ou d’un master professionnel. Le métier suppose d’avoir des connaissances en sciences fondamentales (physique, chimie, informatique…), en sciences de l’ingénieur civil (matériaux, structures et solides, logistique, environnement…), dans une spécialité (énergie, ponts et bâtiments, eau). Il a pour mission de développer les infrastructures d’une région ou d’un pays. Il conçoit des ponts, des barrages, des bâtiments, des routes, des tunnels.

. Il réalise également des aménagements liés à l’eau ou à l’énergie. Ses responsabilités sont multiples. Il réalise des études d’avant-projet: il étudie par exemple l’impact des constructions prévues sur l’environnement. Il valide ou non la faisabilité du projet à partir de ses conclusions. Il est ensuite chargé de réaliser des calculs mathématiques pour permettre la conception de certains ouvrages. Il peut enfin gérer l’exécution des travaux et élaborer les programmes d’entretien de ses ouvrages. Jihane Kabbaj